Un texte très critique sur la situation à Gaza signé Sylvain Thévoz

 

 

« Gaza : cette guerre n’est pas une guerre défensive »
Par Sylvain Thévoz, le 31 juillet 2014

Article extrait de Topo Thévoz, un blog hébergé
en Suisse par La Tribune de Genève

 

Plus les jours passent, plus le masque tombe. Il n’y a pas d’opération « protective edge » (bouclier protecteur) mené par l’État d’Israël à Gaza. Il n’y a pas de guerre défensive. Il y a maintenant 1 364 morts à Gaza, plus de 7 000 blessés, 400 000 déplacés, 75 km2 de territoires conquis sur le terrain par Israël. Les victimes sont les femmes, les enfants, les civils. Ce sont désormais des dizaines et des dizaines de civils qui s’entassent dans des « appartements » sans eau, sans électricité, dans des conditions de salubrité effroyable et sous la menace quotidienne des bombes. L’unique central électrique de Gaza a sauté, les habitant-e-s obtiennent deux heures d’électricité par jour. Peut-on imaginer cela sans prendre position ? Sur les bords de la Méditerranée, 130 km plus au nord, les plages touristiques de Tel Aviv sont, elles, toujours aussi bien vendues auprès des touristes occidentaux par les chambres de commerce israéliennes. Tel Aviv, ville de fête et d’insouciance ! « Tel-Aviv, la fête à tout prix. On a beau nous parler à longueur de journaux télévisés du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville joyeuse, bouillonnante, décontractée, où l’insouciance est érigée en résistance ».(1) Alors quoi : les familles courent sous les roquettes et l’angoisse domine en Israël, ou la vie se poursuit presque à l’identique, sur les plages et au soleil pendant qu’à Gaza les humains meurent à la pelle ?

 

Une entreprise méthodique et planifiée de destruction

À Gaza, des personnes ont perdu 3, 7, 11 membres de leur famille ! Plus de 200 enfants ont été tué. C’est une génération d’orphelins, de veufs de familles brisées que l’État d’Israël, par sa stratégie jusqu’au-boutiste, est en train de fabriquer. C’est un coup radical qu’Israël porte à la paix. Mohammed Abbas, le modéré, est volontairement isolé par Israël. Non, il est impossible de se taire et de ne pas dénoncer la stratégie qui vise à pousser la colonisation toujours plus avant, en jouant la partition du pire, tenant et agitant la barbichette des extrémistes. À Gaza, les hôpitaux fonctionnent 24/24 et manquent de matériel de rechange, les stocks sont épuisés, 3 hôpitaux ont dû fermer. Des écoles, des hôpitaux sont bombardés. Chaque jour apporte son lot de crimes et de sang ; de nouveaux massacres commis par l’armée israélienne en violation des droits fondamentaux du peuple palestinien. Ce n’est plus, depuis de nombreux jours, de légitime défense qu’il s’agit.

La seule stratégie qui pourra assurer la paix est connue : reconnaissance de l’État Palestinien avec Jérusalem-Est est comme capitale, sur les frontières de 1967, avec un retour négocié des réfugiés de 1948. Les personnes de bonne volonté, prêt à faire des concessions côté Palestinien existent. Même le Hamas a affirmé à plusieurs reprises être prêt à négocier pour autant qu’Israël arrête les bombardements.(2) Alors quoi ? Pourquoi cette boucherie se poursuit-elle ?

 

Rester neutres ?

Devant cette barbarie, rester neutre, c’est choisir d’être complice, tacitement, silencieusement. Certains, à Genève, voudraient que soit brandi le drapeau israélien dans des manifestations, en signe d’équité. La belle affaire. Pour les personnes qui se tiennent en solidarité avec le peuple palestinien (civils, femmes et enfants), et pour ceux qui croient dans l’avenir d’une coexistence pacifique possible, il y a quelque chose d’extrêmement choquant de réclamer la présence de ce drapeau dans des manifestations en solidarité avec le peuple palestinien ou d’appel à la « neutralité ».

Aujourd’hui, le drapeau israélien ne peut être brandi comme un drapeau de paix. Il baigne dans le sang. Aujourd’hui la stratégie de fuite en avant de l’État d’Israël va à l’encontre des intérêts de sa population et des vies environnantes. En tant qu’État dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse a une responsabilité particulière pour l’application du droit international humanitaire ; en tant qu’êtres humains, nous ne pouvons rester silencieux ou croire la propagande d’une guerre défensive de l’État d’Israël à Gaza.

 

Manifestation de soutien avec le peuple palestinien
Samedi 2 août 2014 à 15 h à Berne, Place Fédérale.

 

 

La disparition de H. R. Giger

 

L’artiste suisse, né en 1940 dans les Grisons, est décédé hier. Son travail était reconnu mondialement depuis sa participation au film Alien (1979) de Ridley Scott dont il avait dessiné le monstre. Il aurait pu l’être un peu plus tôt si l’adaptation de Dune par Jodorowsky, à laquelle Giger participait comme décorateur, avait vu le jour.

 

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J’avais été frappé aussi par une autre de ses œuvres, Landscape XX, que Dead Kennedys avait reproduit sous la forme d’un poster offert avec le 33 tours Frankenchrist (Alternative Tentacles Records, 1985) ; comme il fallait s’y attendre, le groupe de Jello Biafra a été condamné pour l’avoir distribué et le poster a été retiré de la vente.

 

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Les informations sur le disque de Dead Kennedys viennent de Sound Station et de Public Collectors. Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

Des photographies des Rolling Stones par Dominic Lamblin

 

Et pour rester avec les Stones, je vous invite à vous rendre sur cette page où Dominic Lamblin commente une dizaine de photographies qu’il a pris du groupe dans la première moitié des années soixante-dix. Je n’en connaissais aucune, il y en a de très belles et le témoignage de cet homme n’est pas dénué d’intérêt. Cliquez sur les images pour les agrandir. (Un grand merci à Bill Térébenthine pour le lien.)

 

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La France (vue par un Suisse)

M&R

 

Et c’est encore très en dessous de la vérité. Dessin signé de Mix & Remix. Vous pouvez vous rendre sur son blog, 1er degré.

 

Une montre Superman

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Montre de fabrication suisse qui vient d’une vente en cours sur Heritage Auctions.

 

Mix & Remix

 
L'opération-suicideLa-conference La-manche La-petite-annonce la-presse la-repetition La-serenade le-bavard Le-cinema Le-debat Le-dernier-homme Le-journal-copie Le-journal le-marché-du-logement Le-piege Le-premier-rendez-vous Le-roi-et-la-reine les-actrices les-médias missno-future rentrée-nocturne Souvenirs-de-guerre Un-peu-de-pudeur-!- une-minute-!-les-signaux-de-fumée

 

 

 

Tous les strips viennent du site de Mix & Remix, 1er degré, excepté le premier d’entre eux extrait du livre Gags (Buchet-Chastel, coll. « Les cahiers dessinés », 2011) et que j’ai récupéré ici.

 

Il y a une présentation de Mix & Remix dans L’Hebdo, magazine auquel Philippe Becquelin a collaboré un quart de siècle. La photo ci-dessous vient aussi de L’Hebdo. Enfin, j’avais montré sur mon ancien blog les visuels qu’il avait réalisé pour Paris Quartier d’été en 2010.

 

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Le cubi de vin Motörhead

 

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Il s’agit d’un cépage shiraz, l’équivalent de la syrah qui pousse dans nos contrées, appelé « Sacrifice » (du nom d’un des meilleurs albums du groupe), un vin rouge australien vendu uniquement en Suède. Je remercie Tristane pour cette information absolument essentielle (j’espère que tu es contente d’être associée à Lemmy Kilmister, c’est tout de même plus Rock ’n’ roll que Guy Debord).

 

Au moins, l’image m’a fait rire. Et je préfère voir Motörhead sur un cubi de vin ordinaire que les Rolling Stones sur un plateau de Monopoly ou une carte de crédit – ou pire, de voir une carte de crédit UBS Van Gogh ! (Je suis passé devant cette affiche lors d’un séjour à Bâle, j’ai été pris d’une subite envie de meurtre.)

 

Je m’attarde encore un peu sur Motörhead pour dire que la censure qu’Arte a exercée lors de la diffusion du documentaire Lemmy, coupant 12 minutes du film, n’a fait l’objet d’aucun article sur Internet ou ailleurs. Jamais Arte n’aurait agit de la sorte avec une présentation de la Guerre d’Algérie ou le portrait d’un écrivain, il faut vraiment que ce soit du Rock pour montrer un tel mépris. Je suis consterné.

 

Les photos viennent du site suédois Tjock, mais j’ai lu l’information dans L’Express.

 

Du sexe, mais aussi du cul !

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Le blog de Morier a l’air de bien marcher, en tous les cas, il trouve ses marques ; c’est L’Hebdo qui doit être content… Je vous le recommande, et pas seulement parce qu’il est signé d’un ami, on y parle de sexe sans complexe ni une once de vulgarité, ça part dans tous les sens (de la sexualité des dinosaures aux livres pour enfants) sans jamais perdre de vue la dimension subversive que constitue une sexualité libérée des nombreux carcans qui lui font obstacle. « Lubric-à-brac » est un blog sans prétention – ce qui nous change de ce que l’on peut lire en France –, et cependant, j’apprends toujours quelque chose à sa lecture. C’est donc bien plus fin qu’il n’y paraît au premier abord, et c’est là où je voulais en venir : Morier est quelqu’un d’intelligent, c’est là une condition essentielle lorsque l’on traite de sujets aussi sensibles.

Flyer de Louis Morier-Genoud.

Le milieu de l’art d’Ad Petersen, photographies exposées à Bâle

 

Les mille lieux de l’art
Les photographies d’Ad Petersen

Musée Tinguely, à Bâle du 27 février au 26 mai 2013

 

Présentation du musée :

Le Musée Tinguely montre une sélection des exceptionnelles photos d’artistes prises par Ad Petersen. Né en 1931 à Zaandam, aux Pays-Bas, Ad Petersen est ancien conservateur du Stedelijk Museum d’Amsterdam où, de 1960 et 1990, il a monté de nombreuses expositions. Sa passion pour l’art et les artistes a toujours constitué pour cet homme de musée et photographe autodidacte un moteur et une source de fascination. Pendant ses trente ans d’activité au Stedelijk Museum, il a ainsi photographié et documenté le travail des artistes les plus célèbres de la génération de Tinguely : Joseph Beuys, John Cage, Christo et Jeanne-Claude, Lucio Fontana, Niki de Saint Phalle, Edward Kienholz, Claes Oldenburg, Markus Raetz, Robert Rauschenberg, Martial Raysse, Jesús Rafael Soto, Daniel Spoerri, Roland Topor et bien d’autres encore. Des dessins, lettres et documents, attestant de l’amitié durable entre Ad Petersen et ces artistes, viennent compléter l’exposition.

 

De haut en bas : Martial Raysse pendant les préparations pour l’exposition « Dylaby », devant l’entrée du musée Stedelijk, (Amsterdam, 1962) ; concert Fluxus à l’occasion de l’exposition « Happening & Fluxus » (À gauche de la banderole Harald Szeemann, Kunstverein de Cologne, 1970) ; Niki de Saint Phalle au travail devant son atelier (près de Soisy-sur-École, 1967), même photographie ci-dessous, en agrandissement.

 

Pojection de “The Capsule” d’Athina Rachel Tsangari à Paris les 27 et 28 février

 

« … a Greek Gothic mystery inspired by the work of the young Polish artist Aleksandra Waliszewska. »

Aleksandra Waliszewska a fait un peu plus qu’inspirer le film puisqu’elle en est la co-scénariste et qu’elle a réalisé les affiches et de nombreux dessins.

Les informations sur les projections des 27 et 28 février au Palais de Tokyo sont ici.

Les affiches du film d’Athina Rachel Tsangari sont celles des festivals de Locarno et de Toronto. Le film a aussi été sélectionné à Sundance. Le site du film est .

Un autoportrait d’Edgar Degas

 

Edgar Degas, Autoportrait dans sa bibliothèque (portrait en buste dans le fond), vers 1895, tirage gélatino-argentique sur papier photographique, 6,3 × 8,1 cm. Collection privée, San Francisco.

Une image pour vous dire que vous avez jusqu’au 27 janvier pour vous rendre à la Fondation Beyeler qui se trouve à Bâle en Suisse et visiter l’exposition Edgar Degas qu’elle organise.

Marianne Breslauer, “Djemilia à Jérusalem” (1931)

 

Le tirage original est légèrement sépia, vous le trouverez ici, malheureusement en petit format, dans les archives de Marianne Breslauer déposées à Winterthur. Il existe une autre photographie de Djemilia prise à Jérusalem, toujours de profile mais cadrée plus large, elle n’existe aussi qu’en petit format. Celle que je montre ici vient d’une page où vous trouverez de nombreux travaux de Breslauer. J’adresse un grand merci à Bill Térébenthine pour m’avoir indiqué ce lien.

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