Monte Verità, Ascona par Erich Mühsam

 

Pour les amis de la rue du Marché-Ordener

 

Erich Müsham, Ascona, Baye, La Digitale, 2002, 14,5×22, 104 p. Traductions et notes d’Elke Albrecht et Suzanne Faisan. Présentation de Roland Lewin.

Le texte de la brochure Ascona est suivi de « Bohème », « Lettre d’Erich Mühsam à Sigmund Freud », « Culture, civilisation et mouvement des femmes », « Littérature inédite », « Harro, le hardi poète », d’une chronologie et de « Max Nettlau et ses visites à Berlin de Rudolf Rocker ».

“Psychanalyse et révolution” d’Otto Gross

Présentation de l’éditeur :

Le destin d’Otto Gross (1877-1920), un des plus turbulents, mais aussi l’un des plus brillants disciples de Freud, mort de pneumonie quelques jours après avoir été retrouvé inanimé, vaincu par le froid et par la faim, dans l’entrée d’un immeuble de Berlin, a fasciné l’Europe entière : Apollinaire et Cendrars, mais aussi Max Brod, Werfel et Kafka lui ont consacré des lignes inoubliables. Fils d’un pénaliste et criminologue renommé, Otto Gross avait entamé une carrière de médecin psychiatre. Il découvrit avec enthousiasme la psychanalyse et, autour de 1907, joua un rôle important dans le mouvement freudien. Toxicomane, figure de la bohème intellectuelle, artistique et révolutionnaire de Schwabing, à Munich, il combina l’immoralisme, le freudisme et le nietzschéisme pour élaborer un programme de libération sexuelle et de révolution culturelle qui apparaît comme une préfiguration des « freudo-marxistes », de Wilhelm Reich et Erich Fromm à Herbert Marcuse. Proche des sœurs von Richtofen et du cercle de Max Weber, il attira sur lui l’attention réprobatrice du grand sociologue.

Considéré comme un malade mental depuis sa cure tumultueuse sous la conduite de C. G. Jung, à la clinique Burghölzli, en 1908, mais aussi comme un redoutable ennemi de la société, Otto Gross fut poursuivi par son propre père, qui usa de toute sa science et de tout son entregent pour déchaîner contre lui les polices et les tribunaux autrichiens et allemands. Cette guerre à outrance entre père et fils apparut aux expressionnistes contemporains comme le psychodrame œdipien dont la réalité dépassait la fiction.

Le présent volume rassemble les principaux essais théoriques et manifestes révolutionnaires d’Otto Gross.

Jacques Le Rider

Otto Gross, Psychanalyse et révolution, Essais, Paris, Éditions du Sandre, 2011, 13,5×21,5, 230 p. Traduit de l’allemand par Jeanne Étoré. Préface de Jacques Le Rider.

La fiche du livre est ici.

Bien que l’activité d’Otto Gross ne peut se réduire à ses séjours à Ascona – pas plus que celle de Carl Gustav Jung ! –, je veux cependant l’associer à l’esquisse bibliographique que je mets en ligne ces temps-ci au sujet de Monte Verità.

Monte Verità, Ascona (3)

Je signale en passant que deux des figures majeures d’Ascona, Otto Gross et Carl Gustav Jung, sont au centre du dernier Cronenberg A Dangerous Method, un film très académique – ce qui ne veut pas dire mauvais. Pour ce qui est de la psychanalyse, je conseille du même auteur le film d’horreur Chromosome 3 (The Brood, 1979) qui, pour le coup, est une œuvre vraiment originale et régulièrement oubliée lorsque l’on évoque cette thématique au cinéma.

La bande-annonce du film est ici.

Kaj Noschis sur Monte Verità

La vidéo vient du site des Presses polytechniques et universitaires romandes.

Monte Verità, Ascona

Présentation de l’éditeur :
Une colline dominant Ascona et le lac Majeur est devenue dès 1900 un haut lieu de la liberté de pensée et de vie. À Monte Verità le jaillissement des esprits fut proprement stupéfiant à un moment où en Europe les interrogations sur un mode de vie alternatif et les condamnations de la société industrielle se faisaient pressantes : recherches croisées et innovations dans tous les arts, ardeur réformatrice jusqu’à la libération des corps et du sexe, ascétisme végétarien, valeurs opposées à la morale bourgeoise dans une succession de groupes et de courants d’idées, chorégraphes d’avant-garde, révolutionnaires russes, Allemands en nombre comme dans une banlieue de Munich, vagabonds-prophètes inspirant Hermann Hesse, chercheurs de grand renom réunis autour de Carl Gustav Jung, historiens des religions tel Mircea Eliade ou inspirateurs futurs du New Age rapprochant l’Orient et l’Occident. Il n’existait pas de livre en langue française pour décrire l’un des feux d’artifice les plus étonnants du 20e siècle. Le voici, dans une approche nouvelle et contemporaine des pouvoirs d’un lieu.

Contenu :
Ascona – Axis mundi – Une créativité qui émane du lieu – Ascona, terre de projets et de projections – Terrain fertile – Récits d’une réforme de vie – Actualité d’une révolte – L’aventure complémentaire d’Eranos – Combler une lacune – De l’empreinte de l’Église à l’arrivée des anarchistes – Ruines de Tegna – Les sanctuaires de Marie – Le Collegio Papio – Cohabiter avec des institutions étrangères – L’arrivée des anarchistes – Raphael Friedeberg, médecin et anarchiste – Un environnement tolérant – Communauté, nature nudité – Le couvent laïc d’Alfredo Pioda sur la «colline éminente» – Le peintre Franzoni – Le groupe fondateur de Monte Verità – À la recherche du lieu – Premières constructions – Chacun pour soi – Les deux vérités du Monte – Gusto Gräser – Balabiott – Nouvelles constructions – D’un rapport de police à un article de L’Illustration – Échanges – Cure et fêtes dansantes – Erich Mühsam – Johannes Nohl – Deux esprits rebelles, Otto Gross et Hermann Hesse – La bohème de Schwabing – La rencontre de Hermann Hesse et de Gusto Gräser – Gusto Gräser prédicateur – Gräser inspirateur de Hesse – Demian, pèlerinage intérieur – Siddhartha, écouter l’eau qui s’écoule – Réunir ce qui est séparé – La lutte d’Otto Gross – Le jeune Otto Gross – Multiples relations – Le libertaire – Otto Gross entre Freud et Jung – Inconscient et révolution – Otto Gross traqué – Max Weber à Ascona – La fin tragique – Deux regards contrastés – Ascona, haut lieu de la danse moderne – Monte Verità, berceau de la danse moderne – La jeunesse de Rudolf Laban – Rudolf Laban à Schwabing – Laban à Monte Verità – Mary Wigman – L’école de Laban – Les compagnes et les enfants d’Henri Oedenkoven – La Première Guerre mondiale – Ordo Templi Orientis – Laban à Zurich, rencontre de dada – Le retour de Laban en Allemagne, extension de son influence – Carrière triomphale, disgrâce et fuite en Angleterre – Des végétariens au banquier collectionneur – Le départ des pionniers – Nouveaux propriétaires à Monte Verità – Marianne Werefkin, peintre russe, la nonna d’Ascona – Eduard von der Heydt, banquier, grand collectionneur et propriétaire de Monte Verità – Le Grand Hôtel de l’architecte Emil Fahrenkamp – Monte Verità revit, mais l’ombre du IIIe Reich s’étend – Autour de Monte Verità – Sortie de von der Heydt – Charlotte Bara et le Teatro San Materno – Carl Wiedemeyer, architecte du Teatro San Materno – Eranos – Un certain enchantement lacustre – Des Rencontres aux Eranos Jahrbücher – Henri Corbin chantre d’Eranos – Un lieu entre l’Orient et l’Occident – Naissance des Rencontres d’Eranos – Genio loci ignoto – Le rêve de Mircea Eliade – Le génie du lieu – Quatre rapports au lieu – Dénominateurs communs – La vision de Karl Kerenyi – L’approche d’Erich Neumann – Le cheminement de James Hillman – Femmes et hommes – Aujourd’hui – Bibliographie

Kaj Noschis, de nationalité finlandaise, est analyste jungien et psychothérapeute à Lausanne. Il a également une charge d’enseignement à l’Université de Lausanne (cours sur C. G. Jung) et à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (cours de psychologie de l’environnement). Il a publié des livres, des articles et édité des ouvrages de psychologie jungienne et de psychologie de l’environnement.

Du même auteur, dans la même collection, Carl Gustav Jung, Vie et psychologie (2004).

Kaj Noschis, Monte Verità, Ascona et le génie du lieu, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, Collection « Le savoir suisse » n° 73, 2011, 144 p.

La fiche du livre est ici.

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