L’incendie du Reichstag recommencé ou comment “l’enlèvement des trois jeunes Israéliens” s’avère être une manipulation de l’État hébreux !

1er-juillet« Le Hamas est responsable, le Hamas paiera. »

 

 

C’est un reportage assez court mais qui fait l’effet d’une bombe… Christian Sievers qui couvre pour la chaîne télévisée allemande ZDF le conflit israélo-palestinien a présenté le 16 juillet dernier les conclusions de son enquête qui montre que l’enlèvement des trois adolescents le 12 juin est en réalité un assassinat, un violent règlement de compte entre Israéliens. L’affaire a été habillement maquillé par le service de sécurité intérieure, le Shin Bet, puis instrumentalisé auprès de l’opinion internationale par Netanyahou afin de lancer des représailles contre le Hamas.

 

On connaît la suite : des centaines d’arrestations de membres des organisations palestiniennes en Cisjordanie qui répondent par une intensification des tirs de roquette ; l’enlèvement et l’assassinat à Jérusalem-Est de Mohammad Abou Khdeir 16 ans par des extrémistes juifs ; le lancement de l’opération « Bordure protectrice » par Israël à partir du 8 juillet.

 
Voici les liens avec le reportage original en allemand (« aulandsjournal », ZDF), la vidéo avec des sous-titres français et sa transcription.
 

Photo du haut (cliquez dessus pour l’agrandir) : le Premier ministre Benyamin Netanyahu dans la colonie de Modi’in pour les funérailles de Gil-Ad Shaer, Naftali Fraenkel et Eyal Yifrah, le 1er juillet 2014 (Baz Ratner).

Un grand merci à Soumia.

 

Comment la Palestine est devenue Israël : “Palestine, Histoire d’une terre” de Simone Bitton (1992)

 

Palestine, Histoire d’une terre, 1ère partie (1880-1950)

 

 

De la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, l’histoire d’une terre, la Palestine, une terre où s’est établie, en 1948, l’État d’Israël, une terre revendiquée par Israéliens et Palestiniens, une terre devenue un enjeu pour la paix du monde. Un récit historique unique, à partir d’archives rares, pour comprendre si une négociation, un partage sont possibles aujourd’hui.

Sporadique dans les premiers temps, l’immigration juive en Palestine s’organisa dés 1897. À cette époque, une large majorité de musulmans cohabitait avec un faible pourcentage de chrétiens et de juifs. Le sionisme d’abord, des persécutions ensuite conduisirent un nombre croissant de juifs à s’installer en Palestine, au sein d’un foyer national, crée par les Britanniques après la Première Guerre mondiale, puis dans le cadre de l’État hébreu, institué par l’ONU en 1947. Les nations arabes n’acceptèrent pas la décision de l’ONU et refusèrent la coexistence pacifique. Des guerres sporadiques, brèves et violentes, permirent à Israël de résister à ceux qui voulaient sa destruction sans jamais régler le problème des Palestiniens, parqués ici, massacrés ailleurs.

 

Le site de Simone Bitton.
 

“Jodorowsky’s Dune” de Frank Pavich (2013)

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J’ai enfin vu le documentaire de Pavich sur l’adaptation cinématographique de Dune (roman de Frank Herbert publié en 1965) par Alejandro Jodorowsky ; ça fait quand même deux ans que j’en parle dans ces colonnes ! C’est une belle réussite et je ne comprends pas pourquoi, alors qu’il est projeté partout dans le monde, qu’il s’agit d’une coproduction française (Michel Seydoux/Caméra One), le film ne bénéficie toujours pas d’une sortie sur notre territoire – on parle d’un blocage de la copie par la veuve de Moebius, mais cela ne tient pas (ici et ). Et puisque le dvd n’est pas non plus disponible à la vente en France, alors qu’il l’est ailleurs, il reste la solution du téléchargement en anglais.

 
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De haut en bas : une des affiches du film ; le fameux storyboard dessiné par Moebius ; Alejandro Jodorowsky sur le tournage ; Michel Seydoux et Jodorowsky sur le tournage ; Jodorowsky au milieu des années soixante-dix ; David Carradine (qui devait interprêter le rôle du Duc Leto) avec Jodorowsky ; H. G. Giger devant quelques unes des peintures qu’il a réalisé pour le film ; trois d’entre elles ; quatre peintures de Chris Foss pour le film. Cliquez sur les images pour les agrandir.

Les images viennent de Métropole Films, de Drawning Room et de Le Public système cinéma. Je vous conseille de vous rendre sur le site Dune Info, il est le plus complet sur le récit de cette aventure. Le film de Pavish a un site officiel. J’ai évoqué ce film sur le blog à deux reprises.

 

Jonas Mekas à Paris

 
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Le site des Éditions Yellow Now, celui de la projection au centre Georges-Pompidou.

 

Un coffret consacrés à “2001, L’odysée de l’espace” va sortir chez Taschen en juin

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The Making of Stanley Kubrick’s ‘2oo1: A Space Odyssey’

 

Quatre volumes reliés, réunis dans un coffret en métal conçu par M/M Paris :

Volume 1 : Photographies de plateau.

Volume 2 : Dans les coulisses (inclus des entretiens avec les acteurs principaux, les chefs décorateurs et les experts en effets spéciaux).

Volume 3 : Fac-similé du scénario original.

Volume 4 : Fac-similé des notes de production originales de 1965.

Bonus surprise : une petite BD comique.

Lire la présentation ici.

 

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De haut en bas (cliquez sur les images pour les agrandir) : dessin du vaisseau Discovery par Oliver Rennert ; photo promotionnelle de Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke ; malette créée par Honeywell.

 

La disparition de H. R. Giger

 

L’artiste suisse, né en 1940 dans les Grisons, est décédé hier. Son travail était reconnu mondialement depuis sa participation au film Alien (1979) de Ridley Scott dont il avait dessiné le monstre. Il aurait pu l’être un peu plus tôt si l’adaptation de Dune par Jodorowsky, à laquelle Giger participait comme décorateur, avait vu le jour.

 

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J’avais été frappé aussi par une autre de ses œuvres, Landscape XX, que Dead Kennedys avait reproduit sous la forme d’un poster offert avec le 33 tours Frankenchrist (Alternative Tentacles Records, 1985) ; comme il fallait s’y attendre, le groupe de Jello Biafra a été condamné pour l’avoir distribué et le poster a été retiré de la vente.

 

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Les informations sur le disque de Dead Kennedys viennent de Sound Station et de Public Collectors. Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

La bande-annonce de “Adieu au langage”, le dernier Godard

 

Le film est en compétition officielle au prochain Festival de Cannes, il sort en salles le 21 mai à Paris et une semaine après partout ailleurs. L’affiche (cliquez dessus pour l’agrandir) vient de Wild Bunch où vous trouverez aussi des images.

 

Adieu au langage

 

Batman dans “Detective Comics” n° 31 (DC Comics, septembre 1939)

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J’ai retrouvé la couverture de ce numéro de Detective Comics qui a inspiré celle de The Golden Age of DC Comics dont je parlais il y a peu. Elle est signée de Bob Kane et vient de Heritage Auctions.

Pour rester sur l’histoire de DC Comics, je signale le documentaire Secret Origin: The Story of DC Comics réalisé en 2010 par Mac Carter pour les 75 ans de la maison d’édition et qui sortait en même temps que le gros livre de Paul Levitz chez Taschen. Sans être un chef-d’œuvre, le film a le mérite de retracer l’évolution de DC par rapport à celle de la société américaine et, surtout, de montrer des archives avec le scénariste anglais Alan Moore qui à elles seules valent le coup d’œil.

 
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“Maps to the Stars”, le nouveau Cronenberg sort le 21 mai en France

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L’affiche vient de Filmjunkies, cliquez dessus pour l’agrandir.

 

Bande-annonce et présentation de “Conversation animée avec Noam Chomsky” de Michel Gondry


 

À propos de Conversation animée avec
Noam Chomsky
par Michel Gondry

 

Je ne m’intéresse au travail de Noam Chomsky que depuis une petite dizaine d’années, je l’ai découvert notamment grâce à son livre, La Fabrication du consentement, et le documentaire qui en a été tiré. Il est à la fois un scientifique très pointu, avant-gardiste, et un activiste – tout aussi pointu. C’est un cas assez unique. Sur le plan scientifique, son approche du langage, ce qu’il appelle la grammaire générative, me paraît être la plus sensée, elle s’intègre bien à la biologie moderne. Elle consiste à dire qu’il y a une origine biologique au langage, une grammaire universelle qui est le reflet de notre code génétique et que l’on transmet avec nous. Sur le plan politique, il défend des idées de partage auxquelles je crois.

C’est un privilège de rencontrer l’un des esprits les plus lumineux vivants. L’autre jour, je regardais un documentaire sur le physicien Richard Feynman, et j’étais reconnaissant envers le cinéaste qui l’avait filmé. J’avais lu quelques-uns de ses livres, mais l’entendre parler, décrire de façon vivante sa vision du monde, c’est irremplaçable. J’ai pensé que Noam Chomsky n’était pas tout jeune. Ma contribution pouvait être de faire entendre sa voix. Sans la prétention d’apporter des preuves, de démontrer ses théories, mais plutôt d’utiliser mes capacités d’artiste et de créativité pour produire un film singulier, stimulé par ma rencontre avec un des derniers grands savants-philosophes ancrés dans la tradition du siècle des lumières. Après Eternal Sunshine…, j’avais été invité en résidence au MIT (Massachussetts Institute of technology), j’y étais allé avec Björk. À l’époque, j’essayais de trouver des idées pour fabriquer des effets spéciaux de façon un peu différente. Je me suis rendu compte que Noam Chomsky était aussi au MIT et j’ai demandé à le rencontrer.

En 2002, lors d’une interview, on m’avait demandé de citer un projet qui me tenait à cœur. Je cherchais la réponse la plus improbable : tourner un documentaire en animation. J’aime assez les idées irréalistes car elle nécessitent une attention particulière pour se matérialiser. Aussi lorsque j’ai finalement rencontré Noam Chomsky, cette idée a ressurgi, exigeant que je la réalise. Mes idées sont impatientes, quoiqu’elles attendent parfois des décennies dans un coin de ma tête. Lorsqu’elles entrevoient une possibilité de se balader dans la réalité, elles me sautent à la gorge. Le dialogue avec Chomsky est vivant, parfois complexe, souvent touchant et toujours très humain. Mon dessin est animé, naïf et parfois complexe également. Les idées de Noam en déclenchent d’autres en cascade dans ma tête. Les répétitions, les mécanismes, la logique implacable du professeur émérite s’illustrent naturellement avec l’animation.

J’ai choisi de faire ressortir ma propre voix, et mes limites dans le dialogue. Je ne suis clairement pas à son niveau et c’est pour cela que la conversation est honnête et intéressante, il fallait que je montre ces malentendus, ces problèmes de compréhension. En réécoutant ses paroles, j’ai choisi de laisser aller ma main, mon imagination. Il y a quelque chose d’instinctif, qui peut faire penser à un processus organique de développement, voire à un développement cellulaire. J’ai essayé d’illustrer ses propos de façon logique, mais en me laissant aller. (…)

Ce film fut un projet de longue haleine. J’ai commencé pendant la préparation de The Green Hornet. J’ai été aidé pour la finition, mais j’ai fait l’essentiel tout seul : avec une table lumineuse et une caméra 16 mm. Je dessinais au fur et à mesure, je saisissais les images, parfois 12 par seconde, parfois 24, parfois des boucles. C’est apaisant : je n’ai de comptes à rendre à personne, mon dessin peut aller dans n’importe quel sens. L’animation me détend et me stimule, et comme c’est de la pellicule, je ne voyais pas ce que j’avais filmé avant une semaine, le temps de récupérer la bobine développée au labo. L’anticipation du résultat est assez magique, comme la succession de dessins qui devient mouvement.

On a eu à peu près trois heures d’entretien, en deux fois deux séances. Il y avait des choses qui se répétaient, d’autres que je n’ai pas pu garder : Noam m’a pas mal parlé de génétique, des travaux de François Jacob sur l’héritage et la transmission. Est-ce que j’y ai cherché l’origine de mon processus créatif ? Peut-être. C’est évidemment un mélange d’héritage génétique et d’environnement, et on ne peut pas faire la différence entre les deux.

Mes parents faisaient de la musique, mon grand-père était inventeur. On est toujours une combinaison d’inné et d’acquis – et aussi de ce qu’on acquiert inconsciemment, par imprégnation. On est un mélange des trois. Comme Brassaï ou Clouzot l’ont fait avant moi avec Picasso, c’est la rencontre, peut-être improbable au départ, de deux esprits et leur différence d’approche du monde qui produit l’œuvre. (…)

Je suis content parce que Noam a énormément apprécié le film, il l’a vu plusieurs fois et a voulu le montrer à ses amis – généralement, il ne regarde pas les documentaires qu’on lui consacre. Je crois qu’il est touché par la façon dont j’ai illustré ses souvenirs. Au fil de la discussion, entre l’explication passionnante de l’apparition du langage et le concept de « continuité psychique » que l’on applique aux objets qui nous entourent pour les reconnaître, il s’est peu à peu révélé. Il a parlé de son enfance, de sa femme qui l’a accompagné toute sa vie et dont il ne peut se remettre de la disparition. Il est très touchant dans sa manière d’évoquer sa compagne aussi souvent que possible, comme pour la faire renaître. Et c’est ce que je me suis appliqué à faire, car le dessin animé me le permet. Il n’avait sans doute jamais eu l’expérience de quelqu’un passant autant de temps à illustrer son discours !

Michel Gondry

 

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Le film est diffusé dans très peu de salles : trois à Paris, dont L’Espace Saint-Michel. Ce qui veut dire qu’il ne faut pas trop tarder. Le texte de présentation et l’affiche sont disponibles sur le site du distributeur du film, Shellac.
 

Ticket pour le premier film des Beatles “A Hard Day’s Night”

 
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Entrée pour la soirée du 12 août 1964 au El Monte Theatre à El Monte en Californie. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

 

A Hard Day’s Night (Quatre garçons dans le vent, en n&b) de Richard Lester est le premier film avec les Beatles. La première mondiale eu lieu à Londres au Pavilion Theatre (image ci-dessous) quelques semaines avant, le 6 juillet.

 

La taille du billet est de 22,85 x 9,50 cm, on ne le distingue peut-être pas bien, mais il est découpé autour de Paul et George ; cette rareté est en vente sur Heritage Auctions. La photo du London Pavilion vient d’ici.

 

London Pavilion

“True Detective” sur HBO

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Je pensais que tout le monde avait téléchargé et vu True Detective, la série de la chaîne privée américaine HBO et dernier en date de ses succès critique et public. Comme je rencontre encore des gens qui n’en n’ont jamais entendu parler, autant en dire deux mots, pas plus. C’est très noir, très hard-boiled, c’est superbement écrit, réalisé et interprêté ; cette série restera. Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

HBO, qui décidemment enchaîne les cartons, va de nouveau se trouver au centre des intérêts du plus grand nombre d’entre nous avec la diffusion à partir du 6 avril de la quatrième saison de Game of Thrones.

 

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