“… Et pourtant, il faudra bien négocier avec le Hamas”

 

« Fin de la trêve à Gaza : et pourtant,
il faudra bien négocier avec le Hamas »

Par Pascal Boniface

 

Publié le 8 août 2014 par Le Nouvel Observateur

 

La trêve conclue entre Israël et le Hamas n’aura pas duré longtemps. Sans préjuger de l’ampleur des combats à venir et leurs dégâts, la situation est déjà catastrophique.

 

Il y a à la fois un problème de ravitaillement d’urgence et de reconstruction pour Gaza. Près de 2 000 morts, 10 000 blessés dont de nombreux resteront mutilés à vie, environ 300 000 déplacés, le bilan est lourd. Nourriture, alimentation en eau et électricité, hébergement soins médicaux, tout manque. En temps normal, c’est déjà un défi majeur que de fournir ces éléments à une population qui en a désespérément besoin, mais si le blocus est maintenu c’est mission impossible. Il faudra donc y mettre fin.

La reconstruction de Gaza est déjà évaluée à ce jour entre 4 et 6 milliards de dollars. Il est peu probable qu’Israël, responsable de ces destructions en paie, fût-ce partiellement, le prix. C’est donc probablement le reste de la communauté internationale qui sera appelée à régler la facture, comme une sorte de pénalité à son impuissance volontaire de mettre fin aux bombardements.

Mais, là encore, cet immense effort ne sera pas possible si le blocus est maintenu. On dit souvent que la Palestine est l’un des territoires qui reçoit l’aide internationale la plus importante par habitant. Mais ce n’est qu’une maigre compensation par rapport à l’impossibilité de disposer d’un État libre. Si les Palestiniens pouvaient produire, exporter, circuler librement, ils n’auraient pas besoin d’aide internationale.

Le problème est qu’Israël ne voudra certainement pas y mettre fin, sauf à accorder une victoire politique au Hamas.

La solution consisterait à obtenir une garantie de l’arrêt des tirs de roquettes en échange de la fin du blocus. Il pourrait être garanti par une force d’interposition internationale. Les tirs de roquettes n’ont quasiment pas d’effets militaires et ils sont politiquement et stratégiquement désastreux. Ils ont largement fédéré la population israélienne autour de Netanyahu, contribué à affaiblir le camp de la paix en Israël et renforcé les partisans des solutions de force.

Le Hamas s’est renforcé au détriment de l’Autorité palestinienne. Contrairement au calcul israélien, la population de Gaza ne rend pas le Hamas responsable de ses souffrances.

Depuis 2006, les Occidentaux refusent de parler au Hamas parce qu’ils l’ont inscrit à la demande d’Israël sur la liste des organisations terroristes. Même si l’on peut critiquer la politique de tir de roquettes du Hamas, il faut se rendre à une évidence : on ne choisit pas son interlocuteur. Il faut négocier avec ceux qui comptent et le Hamas compte aux yeux des Palestiniens. Ce n’est pas en ignorant cette réalité que l’on avancera. C’est de surcroît hypocrite car il y a des contacts officieux, y compris entre Israël et le Hamas.

Refuser de négocier avec le Hamas c’est refuser de vouloir parvenir à un résultat.

Quels sont les gagnants et les perdants de cette crise ? Les seconds sont les plus nombreux.

En tout premier lieu bien sûr, la population de Gaza. Il y a de nombreux exemples de bombardement de populations civiles bien que cela heurte de plus en plus les consciences. Il est rarissime de voir une population soumise à un blocus être bombardée. Où peut-elle fuir ?

Israël a remporté une victoire militaire (il ne pouvait en être autrement du fait de la disproportion des forces) mais a largement perdu la bataille de l’opinion. Certes, comme déjà dans le passé les pays occidentaux ont laissé faire avant de réagir, et encore, de façon très modérée. Mais l’opposition à la politique israélienne est devenue forte dans tous les pays occidentaux y compris les plus proches de Tel Aviv.

Par ailleurs, des pays latino-américains n’ont pas hésité à prendre des sanctions contre Israël. Il est probable que la campagne de Boycott sanction des investissements (BDS) va reprendre de plus belle si Israël ne change pas de cap.

Le problème est que la quasi-totalité des juifs israéliens ont soutenu les bombardements. La population israélienne s’est radicalisée et l’hostilité, parfois même la haine, des Palestiniens s’est renforcée.

Divisés, les pays arabes ont été marginalisés.

Les pays occidentaux, dont certains ont encore l’illusion de pouvoir diriger le monde, ont montré leur impuissance. Ils ont assisté en spectateurs aux événements sans pouvoir peser sur eux. On ne peut que remarquer la rapidité avec laquelle ils prennent des sanctions contre la Russie et leur incapacité à le faire face à Israël, qui estime donc avoir les mains libres. De ce fait, les occidentaux apparaissent moins puissants et de surcroît, leur crédit moral s’est dévalué.

Si un accord politique global n’est pas conclu, les trêves ne seront que des trêves, c’est-à-dire une interruption des combats qui reprendront tôt ou tard, comme en 2009 et 2012.

 

Pascal Boniface est directeur de l’IRIS.

 

Urgence Palestine : le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens appelle de nouveau à manifester à Paris samedi

2 août 2014

 À Paris, le 2 août dernier.

 
 

Manifestation le samedi 9 août à 15 heures,
départ de Denfert-Rochereau

 

Halte à l’agression israélienne

Levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza

Libération de tous les prisonniers

Sanctions immédiates contre Israël jusqu’au respect du droit international

Soutien à la résistance du peuple palestinien

Oui à la liberté d’expression, non à la criminalisation de la solidarité

 

 

Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens :

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA), Alliance for Freedom and Dignity (AFD), Alternative Libertaire (AL), Américains contre la guerre (AAW), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association Nationale des Élus Communistes et Républicains (ANECR), Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC), Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF), Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC), Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP), Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP), Cedetim/IPAM, Collectif des Musulmans de France (CMF), Collectif Faty Koumba, Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP), Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP), Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis), Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPRPO), Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5), Confédération Paysanne, Droit-Solidarité, Ensemble, Europe Écologie les Verts (EELV), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Gauche Unitaire (GU), Génération Palestine, La Courneuve-Palestine, le Mouvement de la Paix, Les Alternatifs, Les Femmes en noir, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF), Mouvement Politique d’Émancipation populaire (M’PEP), Organisation de Femmes Egalité, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche (PG), Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM), Une Autre Voix Juive (UAVJ), Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT), Union Générale des Étudiants de Palestine (GUPS-France), Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Union Nationale des Étudiants de France (UNEF), Union syndicale Solidaires

 

“Cinq points de discussion israéliens sur Gaza : démystifiés” par Noura Erakat

 

 

Article de Noura Erakat paru dans l’hebdomadaire américain The Nation (Five Israeli Talking Points on Gaza—Debunked) le 25 juillet 2014, traduit et repris par JPP pour l’Agence Média Palestine deux jours après. Les liens avec d’autres articles se trouvent sur la page de The Nation.

 

 

« Cinq points de discussion israéliens
sur Gaza : démystifiés »

Par Noura Erakat

 

Israël prétend qu’il ne fait qu’exercer son droit à la légitime défense et que Gaza n’est plus occupée. Voici ce que vous devez savoir sur ces points de discussion, et plus encore.

 

Israël a tué près de 800 Palestiniens dans les vingt-et-un derniers jours, dans la bande de Gaza seulement ; son attaque se poursuit. Les Nations-Unies estiment que plus de 74 % des tués sont des civils. Ce qui n’est pas surprenant avec une population de 1,8 million d’habitants, où le nombre des membres du Hamas est d’environ 15 000. Israël ne nie pas avoir tué ces Palestiniens en utilisant une technologie aérienne moderne et du matériel de guerre de précision grâce à la générosité de l’unique superpuissance du monde. En fait, il ne nie même pas que ce sont des civils.

La machine de propagande d’Israël, cependant, insiste sur le fait que ces Palestiniens voulaient mourir (« culture du martyre »), qu’ils ont mis en scène leur propre mort (« morts télégéniques ») ou qu’ils ont été les victimes tragiques de l’emploi par le Hamas de l’infrastructure civile à des fins militaires (« boucliers humains »). Dans tous les cas, la puissance militaire est en train de reprocher aux victimes leurs propres morts, de les accuser de dévaloriser la vie, et d’attribuer ce mépris à une décadence culturelle. Dans le fond, Israël – avec les médias grand public conciliants qui acceptent incontestablement ce discours – déshumanise les Palestiniens, les prive même de leur état de victime, et légitime ses flagrantes violations des droits de l’homme et de la législation.

Ce n’est pas la première fois. Les images épouvantables de corps d’enfants décapités et d’une innocence volée sur les côtes de Gaza sont une lamentable répétition des agressions israéliennes contre Gaza de novembre 2012 et de l’hiver 2008-2009. Non seulement les tactiques militaires sont identiques mais aussi les efforts de relations publiques et les arguments juridiques fallacieux qui étayent les attaques. Inexplicablement, les commentateurs des informations dans les grands médias acceptent de tels arguments comme avérés.

Ci-dessous, j’aborde cinq points de discussions récurrents d’Israël. J’espère que ceci s’avèrera utile aux vedettes des actualités.

 

1 – Israël exerce son droit à la légitime défense

En tant que puissance occupante de la bande de Gaza, et plus généralement des territoires palestiniens, Israël a l’obligation et le devoir de protéger les civils sous son occupation. Il gouverne grâce à l’armée et à une autorité de force publique pour maintenir l’ordre, se protéger et protéger la population civile sous son occupation. Il ne peut simultanément occuper le territoire, usurpant ainsi les pouvoirs autonomes qui autrement appartiendraient aux Palestiniens, et lui déclarer la guerre. Ces politiques contradictoires (occuper un territoire et déclarer la guerre à ce même territoire) rendent la population palestinienne doublement vulnérable.

Les conditions précaires et instables dans la bande de Gaza dont souffrent les Palestiniens sont la responsabilité d’Israël. Israël soutient pouvoir invoquer le droit à la légitime défense en vertu du droit international comme défini à l’article 51 de la Charte des Nations-Unies (*). La Cour internationale de Justice, pourtant, a rejeté cette interprétation juridique erronée dans son avis consultatif de 2004 (http://www.icj-cij.org/docket/files/131/1671.pdf). La CIJ y explique qu’une attaque armée qui déclencherait l’application de l’article 51 doit être imputable à un État souverain, mais que les attaques armées menées par les Palestiniens émergent du contrôle juridictionnel d’Israël lui-même. Israël a le droit de se défendre contre les attaques de roquettes, mais il doit le faire en conformité avec la loi de l’occupation et non avec les autres lois de la guerre. Les lois de l’occupation assurent une protection plus grande de la population civile. Les autres lois de la guerre équilibrent les avantages militaires et les souffrances des civils. Déclarer qu’« aucun pays ne tolèrerait des tirs de roquettes de la part d’un pays voisin » est par conséquent une diversion, et sans aucun fondement.

Israël dénie aux Palestiniens le droit de gouverner et de se protéger, tout en invoquant simultanément le droit à la légitime défense. C’est une énigme, et une violation de la législation internationale, une violation qu’Israël a provoquée délibérément pour se dérober à ses responsabilités.

 

2 – Israël s’est retiré de Gaza en 2005

Israël prétend que son occupation de la bande de Gaza a pris fin avec le retrait unilatéral de sa population de colons en 2005. Il a alors annoncé que la bande de Gaza était un « territoire hostile » et déclaré la guerre à sa population. Ni l’argument ni la déclaration ne sont défendables. Malgré le retrait des 8 000 colons et de l’infrastructure militaire qui protégeait leur présence illégale, Israël a maintenu un contrôle effectif sur la bande de Gaza et ainsi, il reste une puissance occupante telle que définie à l’article 42 du Règlement de La Haye (**). Jusqu’à aujourd’hui, Israël a maintenu son contrôle sur l’espace aérien, les eaux du territoire, la sphère électromagnétique, le registre de la population et les mouvements de tous les biens et personnes.

Israël argue que le retrait de Gaza est la preuve que la fin de l’occupation n’apportera pas la paix. Certains vont même jusqu’à dire que les Palestiniens ont gaspillé leurs chances de construire un paradis pour construire à la place un refuge pour terroristes. Ces arguments visent à masquer les responsabilités d’Israël dans la bande de Gaza, aussi bien qu’en Cisjordanie. Comme l’a expliqué une fois le Premier ministre Netanyahu, Israël doit s’assurer de ne pas faire « une autre Gaza en Judée et Samarie… Je pense que le peuple israélien comprend maintenant ce que je dis toujours : qu’il ne peut y avoir de situation, en vertu d’un accord, où nous abandonnerions le contrôle de la sécurité du territoire à l’ouest du Jourdain ».

Les Palestiniens n’ont toujours pas connu ne serait-ce qu’un jour d’auto-gouvernance. Israël a aussitôt imposé un siège sur la bande de Gaza quand le Hamas a gagné les élections législatives de janvier 2006, et il l’a fortement resserré quand le Hamas a mis en déroute le Fatah en juin 2007. L’état de siège a créé une « catastrophe humanitaire » dans la bande de Gaza. Les habitants ne seront pas en mesure d’accéder à l’eau potable, à l’électricité ou même aux besoins médicaux les plus urgents. L’Organisation mondiale de la Santé explique que la bande de Gaza sera rendue invivable d’ici 2020. Non seulement Israël n’a pas mis fin à son occupation, mais il a créé une situation dans laquelle les Palestiniens ne peuvent survivre à long terme.

 

3 – Cette opération israélienne, entre autres, a été provoquée par les tirs de roquettes venant de Gaza

Israël met en avant que ses guerres actuelles et passées contre la population palestinienne de Gaza sont une réponse aux tirs de roquette. Une preuve empirique de 2008, 2012 et 2014 réfute cette allégation. D’abord, selon le ministère des Affaires étrangères d’Israël, la plus grande réduction des tirs de roquette a été obtenue par la voie diplomatique et non par des moyens militaires. Ce graphique (http://blog.thejerusalemfund.org/2014/07/gaza-cease-fire-dynamics-explained-what.html) démontre la corrélation entre les attaques militaires d’Israël sur la bande de Gaza et l’activité militante du Hamas. Les tirs de roquettes du Hamas augmentent en réaction aux attaques militaires israéliennes et décroissent en corrélation directe avec elles. Les cessez-le-feu ont apporté la sécurité la plus grande à la région.

Pendant les quatre mois du cessez-le-feu sous négociation égyptienne en 2008, les militants palestiniens ont ramené le nombre de tirs de roquettes à zéro, ou à un seul chiffre, dans la bande de Gaza. En dépit de cette sécurité et de ce calme relatifs, Israël a brisé le cessez-le-feu pour se lancer dans cette bien connue offensive aérienne et terrestre qui a tué 1 400 Palestiniens en vingt-deux jours. En novembre 2012, l’assassinat extrajudiciaire par Israël du responsable de la branche militaire du Hamas à Gaza, Ahmed Jabari, alors même que celui-ci était chargé d’examiner les conditions pour une solution diplomatique, a brisé une fois encore le cessez-le-feu et précipité l’offensive aérienne de huit jours qui a tué 132 Palestiniens.

Immédiatement avant la plus récente des opérations d’Israël, les attaques de roquettes et de mortier du Hamas ne menaçaient pas Israël. Israël a délibérément provoqué cette guerre avec le Hamas. Sans fournir la moindre parcelle de preuve, il a accusé la faction politique de l’enlèvement et du meurtre de trois colons près d’Hébron. Quatre semaines et plus de 700 vies plus tard, Israël n’a toujours pas apporté la moindre preuve démontrant l’implication du Hamas. Durant les dix jours de l’opération Gardien de nos frères en Cisjordanie, Israël a arrêté environ 800 Palestiniens, sans inculpation ni jugement, il a tué neuf civils et pillé près de 1 300 bâtiments résidentiels, commerciaux et publics. Son opération militaire a ciblé les membres du Hamas qui avaient été libérés lors de l’échange de prisonniers avec Gilat Shalit, en 2011. Ce sont ces provocations israéliennes qui ont précipité les tirs de roquettes, lesquels selon Israël ne lui auraient laissé d’autre choix que cette opération militaire épouvantable.

 

4 – Israël évite les victimes civiles, mais le Hamas cherche à tuer les civils

Le Hamas dispose d’une technologie rudimentaire en matière d’armement, qui n’a aucune capacité de ciblage. Ainsi, les attaques aux roquettes du Hamas violent ipso facto le principe de distinction, puisque toutes ses attaques sont faites sans discernement. Cela n’est pas contesté. Israël, cependant, ne serait pas plus tolérant avec le Hamas si celui-ci ciblait des objectifs strictement militaires, comme nous l’avons vu ces derniers temps. Israël considère le Hamas et toutes les formes que prend sa résistance, armée ou autre, comme illégitimes.

En revanche, Israël possède la onzième armée la plus puissante au monde, et certainement la plus forte du Moyen-Orient, et c’est une puissance nucléaire qui n’a pas ratifié le Traité de non-prolifération des armes nucléaires, qui possède en outre une technologie en armes de haute précision. Avec l’utilisation des drones, des F16 et de son arsenal de technologie en armes modernes, Israël a la capacité de cibler des individus isolés et par conséquent d’éviter les victimes civiles. Mais, plutôt que de les éviter, Israël a maintes fois ciblé les civils, comme faisant partie de ses opérations militaires.

La doctrine Dahiya est au centre de ces opérations et se réfère aux attaques aveugles d’Israël au Liban en 2006. Le général Gadi Eisenkot a affirmé qu’elle serait appliquée ailleurs : « Ce qui est arrivé au quartier Dahiya de Beyrouth en 2006 arrivera dans tout village d’où Israël sera visé. (…) Nous lui appliquerons une force disproportionnée et y causerons de grands dommages et destructions. De notre point de vue, ce ne sont pas des villages civils, ce sont des bases militaires. »

Israël est resté fidèle à sa promesse. La mission d’enquête des Nations-Unies de 2009 sur le conflit de Gaza, mieux connue sous le nom de Mission Goldstone, a conclu, « qu’à partir d’un examen des faits sur le terrain et dont elle a été le témoin, ce qui est prescrit comme la meilleure stratégie (Doctrine Dahiya) semble avoir été précisément celle qui a été mise en pratique. »

Selon les organisations National Lawyers Guild, Physicians for Human Rights-Israel et Amnesty International, Israël a directement pris pour cible les civils, ou causé de manière inconsciente des morts de civils durant l’opération Plomb durci (décembre 2008-janvier 2009). Loin d’éviter la mort des civils, Israël les considère en réalité comme des cibles légitimes.

 

5 – Le Hamas cache ses armes dans les maisons, mosquées et écoles et utilise des boucliers humains.

C’est probablement l’allégation la plus insidieuse d’Israël, car il accuse les Palestiniens de leur propre mort et les prive même de leur état de victime. Israël avançait le même argument dans sa guerre contre le Liban en 2006 et dans sa guerre contre les Palestiniens en 2008. En dépit de ses croquis et plans militaires, Israël n’a toujours pas prouvé que le Hamas a utilisé l’infrastructure civile pour stocker ses armes militaires. Les deux cas où le Hamas a effectivement stocké des armes dans des écoles de l’UNRWA, ces écoles étaient vides. L’UNRWA a découvert les roquettes et a condamné publiquement la violation de son intégrité.

Les organisations internationales des droits de l’homme qui ont enquêté sur ces allégations ont déterminé qu’elles n’étaient pas exactes. Le nombre élevé des morts dans la guerre de 2006 d’Israël a été attribué à ses attaques aveugles. Human Rights Watch note : « La preuve qu’Human Rights Watch a découverte dans ses enquêtes sur le terrain réfute l’argument (d’Israël)… nous avons trouvé des preuves solides que le Hezbollah stockait la plus grande partie de ses roquettes dans des bunkers et que les installations pour le stockage de ses armes se trouvaient dans des terrains inhabités et dans des vallées, que dans la grande majorité des cas les combattants du Hezbollah avaient quitté les zones peuplées de civils aussitôt que les combats avaient commencé, et que le Hezbollah avait tiré la grande majorité de ses roquettes depuis des positions préparées à l’avance à l’extérieur des villages. »

En fait, seuls les soldats israéliens ont systématiquement utilisé des Palestiniens comme boucliers humains. Depuis l’incursion d’Israël en Cisjordanie, en 2002, il utilise des Palestiniens comme boucliers humains en attachant de jeunes Palestiniens sur le capot de leurs véhicules ou en les forçant à entrer dans une maison où quelque militant aurait pu se cacher.

Même en supposant que les allégations d’Israël soient plausibles, le droit humanitaire oblige Israël à éviter des victimes civiles qui « seraient excessives par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu ». Une force belligérante doit vérifier si un civil ou une infrastructure civile qualifie un objectif militaire. En cas de doute, « si un bien qui est normalement affecté à un usage civil, comme un lieu de culte, une maison ou autre habitation ou une école, est utilisé pour contribuer efficacement à l’action militaire, il doit être présumé ne pas être utilisé ainsi. »

Dans les plus de trois semaines de son opération militaire, Israël a démoli 3 175 maisons, dont au moins une dizaine avec les familles à l’intérieur ; détruit cinq hôpitaux et six cliniques ; endommagé partiellement soixante-quatre mosquées et deux églises ; de partiellement à totalement détruit huit ministères ; blessé 4 620 Palestiniens ; et tué plus de 700. Par eux-mêmes, ces chiffres indiquent les violations flagrantes d’Israël du droit humanitaire, des violations qui constituent des crimes de guerre.

Au-delà du décompte des morts et des références à la loi, laquelle est un produit du pouvoir, la question à poser est, quel est l’objectif final d’Israël ? Et si c’était les tunnels que le Hamas et le Jihad islamique ont creusé sous toute la bande de Gaza – ils ne l’ont pas dit clairement, mais supposons-le pour les besoins de la discussion. Selon la logique d’Israël, tous les 1,8 million de Palestiniens sont par conséquent des boucliers humains pour être nés palestiniens à Gaza. La solution est de détruire la bande de 360 km² de terre et d’attendre que la communauté internationale accepte cette perte catastrophique comme fortuite. Ceci n’est possible que dans le cadre et l’acceptation de la déshumanisation de la vie palestinienne. En dépit de l’absurdité de cette proposition, c’est précisément à cela que la société israélienne exhorte sa direction militaire. Israël ne peut pas bombarder les Palestiniens dans la soumission, et il ne peut certainement pas les bombarder dans la paix.

 

 

(*) Charte des Nations-Unies – article 51 :
« Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Les mesures prises par des Membres dans l’exercice de ce droit de légitime défense sont immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité et n’affectent en rien le pouvoir et le devoir qu’a le Conseil, en vertu de la présente Charte, d’agir à tout moment de la manière qu’il juge nécessaire pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales. »
(http://www.un.org/fr/documents/charter/chap7.shtml)

 

(**) Règlement concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre. La Haye, 18 octobre 1907 – article 42 :
« Un territoire est considéré comme occupé lorsqu’il se trouve placé de fait sous l’autorité de l’armée ennemie. L’occupation ne s’étend qu’aux territoires où cette autorité est établie et en mesure de s’exercer. »
(http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/52D68D14DE6160E0C12563DA005FDB1B/73BF1431F064AEC0C1256417004A0BE0)

 

Un article d’Edwy Plenel contre les choix de François Hollande

 

 

« Palestine : Monsieur le Président, vous égarez la France »
Par Edwy Plenel, Mediapart, le 23 juillet 2014

 

De l’alignement préalable sur la droite extrême israélienne à l’interdiction de manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, sans compter l’assimilation de cette solidarité à de l’antisémitisme maquillé en antisionisme, François Hollande s’est engagé dans une impasse. Politiquement, il n’y gagnera rien, sauf le déshonneur. Mais, à coup sûr, il y perd la France.

 

Monsieur le Président, cher François Hollande, je n’aurais jamais pensé que vous puissiez rester, un jour, dans l’histoire du socialisme français, comme un nouveau Guy Mollet. Et, à vrai dire, je n’arrive pas à m’y résoudre tant je vous croyais averti de ce danger d’une rechute socialiste dans l’aveuglement national et l’alignement international, cette prétention de civilisations qui se croient supérieures au point de s’en servir d’alibi pour justifier les injustices qu’elles commettent.

Vous connaissez bien ce spectre molletiste qui hante toujours votre famille politique. Celui d’un militant dévoué à son parti, la SFIO, d’un dirigeant aux convictions démocratiques et sociales indéniables, qui finit par perdre politiquement son crédit et moralement son âme faute d’avoir compris le nouveau monde qui naissait sous ses yeux. C’était, dans les années 1950 du siècle passé, celui de l’émergence du tiers-monde, du sursaut de peuples asservis secouant les jougs colonisateurs et impériaux, bref le temps de leurs libérations et des indépendances nationales.

Guy Mollet, et la majorité de gauche qui le soutenait, lui opposèrent, vous le savez, un déni de réalité. Ils s’accrochèrent à un monde d’hier, déjà perdu, ajoutant du malheur par leur entêtement, aggravant l’injustice par leur aveuglement. C’est ainsi qu’ils prétendirent que l’Algérie devait à tout prix rester la France, jusqu’à engager le contingent dans une sale guerre, jusqu’à autoriser l’usage de la torture, jusqu’à violenter les libertés et museler les oppositions. Et c’est avec la même mentalité coloniale qu’ils engagèrent notre pays dans une désastreuse aventure guerrière à Suez contre l’Égypte souveraine, aux côtés du jeune État d’Israël.

Mollet n’était ni un imbécile ni un incompétent. Il était simplement aveugle au monde et aux autres. Des autres qui, déjà, prenaient figure d’Arabes et de musulmans dans la diversité d’origines, la pluralité de cultures et la plasticité de croyance que ces mots recouvrent. Lesquels s’invitaient de nouveau au banquet de l’Histoire, s’assumant comme tels, revendiquant leurs fiertés, désirant leurs libertés. Et qui, selon le même réflexe de dignité et de fraternité, ne peuvent admettre qu’aujourd’hui encore, l’injustice européenne faite aux Juifs, ce crime contre l’humanité auquel ils n’eurent aucune part, se redouble d’une injustice durable faite à leurs frères palestiniens, par le déni de leur droit à vivre librement dans un État normal, aux frontières sûres et reconnues.

Vous connaissez si bien la suite, désastreuse pour votre famille politique et, au-delà d’elle, pour toute la gauche de gouvernement, que vous l’aviez diagnostiquée vous-même, en 2006, dans Devoirs de vérité (Stock). « Une faute, disiez-vous, qui a été chèrement payée : vingt-cinq ans d’opposition, ce n’est pas rien ! » Sans compter, auriez-vous pu ajouter, la renaissance à cette occasion de l’extrême droite française éclipsée depuis la chute du nazisme et l’avènement d’institutions d’exception, celles d’un pouvoir personnel, celui du césarisme présidentiel. Vingt-cinq ans de « pénitence », insistiez-vous, parce que la SFIO, l’ancêtre de votre Parti socialiste d’aujourd’hui, « a perdu son âme dans la guerre d’Algérie ».

Vous en étiez si conscient que vous ajoutiez : « Nous avons encore des excuses à présenter au peuple algérien. Et nous devons faire en sorte que ce qui a été ne se reproduise plus. » « Nous ne sommes jamais sûrs d’avoir raison, de prendre la bonne direction, de choisir la juste orientation, écriviez-vous encore. Mais nous devons, à chaque moment majeur, nous poser ces questions simples : agissons-nous conformément à nos valeurs ? Sommes-nous sûrs de ne pas altérer nos principes ? Restons-nous fidèles à ce que nous sommes ? Ces questions doivent être posées à tout moment, au risque sinon d’oublier la leçon. »

Eh bien, ces questions, je viens vous les poser parce que, hélas, vous êtes en train d’oublier la leçon et, à votre tour, de devenir aveugle au monde et aux autres. Je vous les pose au vu des fautes stupéfiantes que vous avez accumulées face à cet énième épisode guerrier provoqué par l’entêtement du pouvoir israélien à ne pas reconnaître le fait palestinien. J’en dénombre au moins sept, et ce n’est évidemment pas un jeu, fût-il des sept erreurs, tant elles entraînent la France dans la spirale d’une guerre des mondes, des civilisations et des identités, une guerre sans issue, sinon celle de la mort et de la haine, de la désolation et de l’injustice, de l’inhumanité en somme, ce sombre chemin où l’humanité en vient à se détruire elle-même.

Les voici donc ces sept fautes où, en même temps qu’à l’extérieur, la guerre ruine la diplomatie, la politique intérieure en vient à se réduire à la police.

 

1. Vous avez d’abord commis une faute politique sidérante. Rompant avec la position traditionnellement équilibrée de la France face au conflit israélo-palestinien, vous avez aligné notre pays sur la ligne d’offensive à outrance et de refus des compromis de la droite israélienne, laquelle gouverne avec une extrême droite explicitement raciste, sans morale ni principe, sinon la stigmatisation des Palestiniens et la haine des Arabes.

Votre position, celle de votre premier communiqué du 9 juillet, invoque les attaques du Hamas pour justifier une riposte israélienne disproportionnée dont la population civile de Gaza allait, une fois de plus, faire les frais. Purement réactive et en grande part improvisée (lire ici l’article de Lenaïg Bredoux), elle fait fi de toute complexité, notamment celle du duo infernal que jouent Likoud et Hamas, l’un et l’autre se légitimant dans la ruine des efforts de paix (lire là l’article de François Bonnet).

Surtout, elle est inquiétante pour l’avenir, face à une situation internationale de plus en plus incertaine et confuse. À la lettre, ce feu vert donné à un État dont la force militaire est sans commune mesure avec celle de son adversaire revient à légitimer, rétroactivement, la sur-réaction américaine après les attentats du 11-Septembre, son Patriot Act liberticide et sa guerre d’invasion contre l’Irak. Bref, votre position tourne le dos à ce que la France officielle, sous la présidence de Jacques Chirac, avait su construire et affirmer, dans l’autonomie de sa diplomatie, face à l’aveuglement nord-américain.

Depuis, vous avez tenté de modérer cet alignement néoconservateur par des communiqués invitant à l’apaisement, à la retenue de la force israélienne et au soulagement des souffrances palestiniennes. Ce faisant, vous ajoutez l’hypocrisie à l’incohérence. Car c’est une fausse compassion que celle fondée sur une fausse symétrie entre les belligérants. Israël et Palestine ne sont pas ici à égalité. Non seulement en rapport de force militaire mais selon le droit international.

En violation de résolutions des Nations unies, Israël maintient depuis 1967 une situation d’occupation, de domination et de colonisation de territoires conquis lors de la guerre des Six Jours, et jamais rendus à la souveraineté pleine et entière d’un État palestinien en devenir. C’est cette situation d’injustice prolongée qui provoque en retour des refus, résistances et révoltes, et ceci d’autant plus que le pouvoir palestinien issu du Fatah en Cisjordanie n’a pas réussi à faire plier l’intransigeance israélienne, laquelle, du coup, légitime les actions guerrières de son rival, le Hamas, depuis qu’il s’est imposé à Gaza.

Historiquement, la différence entre progressistes et conservateurs, c’est que les premiers cherchent à réduire l’injustice qui est à l’origine d’un désordre tandis que les seconds sont résolus à l’injustice pour faire cesser le désordre. Hélas, Monsieur le Président, vous avez spontanément choisi le second camp, égarant ainsi votre propre famille politique sur le terrain de ses adversaires.

 
 

Lire la suite ici (vous y trouverez aussi les liens avec les autres articles).

 

“C’est la faute du Hamas, n’est-ce pas Israël ?” par Gideon Levy

 

 

“It’s all Hamas’ fault, right Israel?”
Article de Gideon Levy
Publié par Haaretz le 31 juillet 2014

 
 

More than 1,200 Gazans have been killed, about 80 percent of them civilians. But Israelis’ hands are clean and their consciences are quiet – so quiet you could cry.

 

It’s so easy to be an Israeli; your tender conscience is pure as the driven snow: Everything is Hamas’ fault. The rockets are the fault of Hamas; that can be taken for granted. Hamas started the war, for no reason; that, too, “goes without saying.” Hamas is a vicious terrorist organization, beasts in human form, born to kill, fundamentalists – and apart from that, Mrs. Lincoln, how was the play?

Some 400,000 Palestinians have been displaced. More than 1,200 have been killed, about 80 percent of them civilians, half of these women and children. Around 50 families have been obliterated, their homes bombed with them inside. It has reached the dimensions of a real massacre. But Israelis’ hands are clean and their consciences are quiet – so quiet you could cry. It’s Hamas’ fault.

We’ll leave the root causes of this cursed repression and denial to the psychologists. Since the days when Israel accused the Palestinians of killing their own children by means of the Israel Defense Forces, we haven’t seen such denial. After incubating for years, the disease is now a raging epidemic whose carriers are now symptomatic. The national conscience hasn’t moved a muscle in response to this atrocity, and there are forces working to keep it that way.

But even through the malignant cloud of denial, even understanding how easy it is to blame everything on Hamas — Israel has never had such a convenient enemy, which can be framed for all its sins – we must ask whether everything really is the fault of Hamas. Is Israel genuinely completely innocent? In the face of bleeding, ruined Gaza, the work of Israeli hands, such denial is incomprehensible.

Hamas is a vicious terror organization? How has it been more vicious than the IDF in this war? In that it doesn’t “knock on the roof” 80 seconds before bombing a home? That it aims its rockets at civilian populations, just as the IDF does, but less effectively? That it wants to destroy Israel? How many Israelis want to destroy Gaza? Meanwhile, everyone knows who is destroying whom.

Israel’s sanctimoniousness reaches a peak in its concern for Gaza’s residents: Look at how Hamas oppresses them, cry the Israeli democrats, so solicitous of Palestinian rights. Hamas is tyrannical, but its tyranny is nothing compared to that of Israel, which has subjected the Gaza Strip to a seven-year siege and a 47-year occupation.

What has destroyed Gaza’s society and economy is above all the siege, and thanks to those who seek its welfare, who imposed it. Thanks also to those who are worried about its lack of democracy, who are shocked by the corruption, who denounce its leaders for staying in luxury hotels or hiding in bunkers, who are troubled by the enormous sums used for tunnels and rockets instead of playgrounds and after-school activities. Truly, thanks.

What about Israel? Do its leaders live in tents? Aren’t enormous sums spent on superfluous submarines and secret explosives, instead of on health, education and welfare? Hamas is fundamentalist? Israel is on the way. Hamas oppresses women? That’s bad, but Israel has that too, at least in one large community.

Why did Gazans elect Hamas, instead of a moderate leadership? Because the moderates have been trying for years to achieve something, anything, and all they have received is humiliation and Israeli rejectionism. Has Israel given the Palestinians a reason to choose the Palestine Liberation Organization’s route of diplomacy over Hamas’ violent resistance? Has the PLO brought them an inch closer to statehood or freedom?

Hamas at least won the release of 1,000 prisoners and also preserved a measure of self-respect, even at the terrible price that the desperate Gazans are now willing to pay. What has Palestinian President Mahmoud Abbas brought his people? Nothing.

I’m no fan of Hamas, quite the contrary. But Israel’s attempt to put all the blame on Hamas is outrageous. The international community will soon judge this war’s atrocities. Hamas may be reprimanded, deservedly, but Israel will be condemned and ostracized far more. And then Israelis will say, ‘It’s Hamas’ fault. And the world will laugh.

 

La Librairie Tropiques dans le XIVe à Paris organise une rencontre sur Gaza le mercredi 6 août

tropiques-gaza

 

Des informations sur le déroulement de la soirée sont disponibles sur le site de la librairie.

 

De Tel Aviv à Paris en passant par Londres, Montevideo et Tokyo, on manifeste en faveur des Palestiniens !

 

 

Manifestation le dimanche 3 août à Tokyo, dans le quartier de Shinjuku

 

shinjuku
Please Share: Japan demonstration in support of Gaza. August 3 (gather at 2 PM in front of Shinjuku Alta studio, move at 3 PM).

“Réfutation des 11 principaux mythes d’Israël sur Gaza, Hamas et les crimes de guerre” par Mehdi Hasan

 
 

L’article de Mehdi Hasan a été publié par l’Agence Média Palestine le 30 juillet 2014. Il est repris de l’édition anglaise du Huffington Post (Debunking Israel’s 11 Main Myths About Gaza, Hamas and War Crimes) paru deux jours avant et à été traduit par JPB-Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP). Vous trouverez d’autres liens, dont les sources du texte, sur les sites originaux.

 
 

« Réfutation des 11 principaux mythes d’Israël
sur Gaza, Hamas et les crimes de guerre »

 

Passez donc ça aux propagandistes israéliens comme Mark Regev. Ils sont maîtres en relations publiques. En fait, comme Patrick Cockburn de The Independant l’a révélé au cours du week-end, « la référence qu’ils utilisent est une étude professionnelle, approfondie et confidentielle sur les moyens d’influencer les médias et l’opinion publique en Amérique et en Europ ».

Soyons clairs : je ne suis pas un fan de Hamas, un groupe brutal et antisémite qui a été accusé par Amnesty International et d’autres O.N.G. de violations des droits humains contre le peuple de Gaza et de crimes de guerre contre le peuple d’Israël. D’après le droit international, les tirs de roquettes dans des zones civiles sont injustifiés, même s’ils entrent dans le cadre d’une lutte (légitime) contre une occupation militaire étrangère.

Cependant, ceci dit, ces derniers jours j’ai débattu avec des supporters du dernier assaut d’Israël sur Gaza à la radio et sur Twitter et j’ai été stupéfait non seulement du nombre d’affirmations sans base faites par ses supporters, mais aussi par leur confiance en soi, leur roublardise, et le complet conformisme des messages. D’après la foule pro Israël, pro-IDF, Hamas doit être blâmé pour tout.

C’est, bien sûr, un non-sens absolu. Pour citer feu le sénateur US Daniel Patrick Moynihan : « Vous avez droit à votre opinion. Vous n’avez pas droit à vos propres faits ».

Alors, dans l’esprit de Moynihan, voici des réfutations fondées sur des faits et des preuves, des 11 principaux mythes, demi vérités et « éléments de discussion » intéressés mis en avant par divers porte-parole israéliens, sur les ondes et dans les médias sociaux :

 

1) La bande de Gaza n’est pas occupée par Israël

Boston Globe : « Les zones tampons imposées par Israël absorbent maintenant près de 14 % du territoire de Gaza et au moins 48 % des terres cultivables. Pareillement, la zone tampon maritime couvre 85 % de la zone maritime promise aux Palestiniens dans les accords d’Oslo, réduisant 28 milles nautiques à trois ». Human Rights Watch : « Israël continue aussi de contrôler le registre de la population des habitants de la bande de Gaza, des années après qu’il en ait retiré ses forces terrestres et ses colonies ». B’Tselem, 2013 : « Israël continue de maintenir un contrôle exclusif de l’espace aérien et des eaux territoriales de Gaza, comme il l’a fait depuis qu’il a occupé la bande de Gaza en 1967 ».

 

2) Israël veut un cessez-le-feu mais pas Hamas

Al Jazeera : « Meshaal a dit que Hamas veut que “l’agression stoppe demain, aujourd’hui ou même cette minute. Mais [Israël doit] lever le blocus avec des garanties et non avec une promesse de futures négociations”. Il a ajouté “nous ne fermons pas la porte à tout cessez-le-feu humanitaire renforcé par un véritable programme d’aide” ». Jerusalem Post : « Un jour après qu’un cessez-le-feu arrangé par l’Égypte, accepté par Israël mais rejeté par Hamas, ait échoué, l’organisation terroriste a proposé un arrêt des hostilités de 10 ans en échange de l’acceptation de ses conditions par Israël, a rapporté Channel 2 mercredi. Les conditions de Hamas étaient la libération des prisonniers palestiniens libérés lors de l’accord Shalit et arrêtés de nouveau, l’ouverture des passages frontaliers Gaza-Israël pour permettre aux citoyens et aux biens de passer, et une supervision internationale du port de Gaza au lieu du blocus israélien actuel ». BBC : « Le cabinet de sécurité d’Israël a rejeté “tel qu’il est” une proposition de cessez-le-feu d’une semaine mise en avant par le secrétaire d’État US John Kerry ».

 

3) Israël, contrairement à Hamas, ne vise pas délibérément et civils

The Guardian : « C’est là que le deuxième obus [israélien] a touché la plage, ceux qui tiraient ajustant apparemment leur feu pour viser les survivants qui s’enfuyaient. Alors qu’il explosait, les journalistes situés sur la terrasse ont crié : “Ce ne sont que des enfants” ». Navi Pillay, haut commissaire de l’ONU pour les droits humains : « Un certain nombre d’incidents, ainsi que le grand nombre de morts civils, dément l’affirmation [israélienne] que toutes les précautions nécessaires ont été prises pour protéger les vies civiles ». Mission d’enquête de l’ONU sur le conflit de Gaza, 2009 : « Les tactiques utilisées par les forces armées israéliennes dans l’offensive de Gaza sont en accord avec les pratiques précédentes, le plus récemment pendant la guerre du Liban en 2006. Un concept appelé doctrine Dahiya a alors émergé, impliquant l’usage d’une force disproportionnée et causant de grands dommages et destruction aux biens et aux infrastructures civiles et de grandes souffrances aux populations civiles. La mission conclue de l’examen des faits sur le terrain que ceci semble précisément ce qui a été mis en pratique ».

 

4) Seul Hamas est coupable de crimes de guerre, pas Israël

Human Rights Watch : « Les forces israéliennes peuvent aussi avoir volontairement ou imprudemment attaqué des personnes clairement civiles, comme de jeunes garçons, et des structures civiles, dont un hôpital – violation des lois de la guerre indicatrices de crimes de guerre ». Amnesty International : « Attaquer délibérément un habitat civil est un crime de guerre, et l’échelle écrasante de destructions des habitats civils, dans certains cas avec des familles entières dedans, indique une disposition alarmante à des violations répétées des lois de la guerre ».

 

5) Hamas se sert des civils de Gaza comme « boucliers humains »

Jeremy Bowen, éditeur à BBC Moyen-Orient : « Au cours de ma semaine à Gaza, je n’ai pas vu d’indices de l’accusation israélienne que Hamas utiliserait les Palestiniens comme boucliers humains ». The Guardian : « Cette dernière semaine, le Guardian a vu beaucoup de gens s’enfuir de différents quartiers, et aucune indication que Hamas les forçait à rester ». The Independent : « Certains Gazaouis ont admis qu’ils avaient peur de critiquer Hamas, mais aucun n’a dit qu’ils avaient été forcés par l’organisation à rester dans des lieux dangereux et à devenir des boucliers humains involontaires ». Reuters, 2013 : « Un organisme des droits humains des Nations unies a accusé mardi les forces israéliennes de mauvais traitements des enfants palestiniens, y compris de torture d’enfants en détention et d’utilisation d’autres comme boucliers humains ».

 

6) Le conflit actuel de Gaza a commencé avec un tir de roquettes de Hamas le 30 juin 2014

Times of Israel : « Les membres de Hamas ont été derrière une grande salve de roquettes qui a touché Israël lundi matin, pour la première fois depuis des années, le groupe islamiste a défié directement l’État juif, d’après les responsables israéliens de la défense. Les sources sécuritaires, parlant sous condition d’anonymat, ont estimé que Hamas avait probablement lancé ce tir de barrage en riposte à une frappe aérienne israélienne quelques heures auparavant, qui avait tué une personne est blessé trois autres. Hamas n’a pas tiré de roquettes sur Israël depuis la fin de l’opération Pilier de défense en novembre 2012 ». The Nation : « Pendant les 10 jours de l’opération Brother’s Keeper en Cisjordanie [avant le début du conflit à Gaza], Israël a arrêté environ 800 Palestiniens sans motif ni procès, tué neuf civils et opéré des raids sur environ 1 300 immeubles résidentiels, commerciaux et publics. Son opération militaire a visé les membres de Hamas relâchés au cours de l’échange de prisonniers avec Gilad Shalit en 2011 ».

 

7) Hamas n’a jamais cessé de tirer des roquettes sur Israël

Quotidien juif Forward : « Hamas n’avait pas tiré une seule roquette depuis [le conflit de Gaza en 2012] et avait largement supprimé les tirs de petits groupes jihadistes. Les tirs de roquettes, en moyenne 240 par mois en 2007, sont tombés à cinq par mois en 2013 ». International Crisis Group : « moins de roquettes ont été tirées depuis Gaza en 2013 que dans toute autre année depuis 2001, et presque toutes les roquettes tirées entre le cessez-le-feu de novembre 2012 et la crise actuelle ont été lancées par d’autres groupes que Hamas ; les organismes sécuritaires israéliens ont témoigné des efforts anti-roquette agressifs effectués par la nouvelle force de police de Hamas spécifiquement établie dans ce but. Comme Israël (et l’Égypte) sont revenus sur les accords de 2012 – dont certains étaient appliqués au mieux en pointillés – alors Hamas est revenu aussi sur ses efforts anti-roquettes ».

 

8) Hamas a provoqué Israël en kidnappant et en tuant trois jeunes israéliens

Quotidien juif Forward : « Le gouvernement [israélien] savait presque depuis le début que les garçons étaient morts. Il a maintenu la fiction qu’il espérait les trouver vivants comme prétexte pour démanteler les opérations de Hamas en Cisjordanie. Ce ne fut pas le seul bobard. Il était clair depuis le début que les kidnappeurs n’agissaient pas sur ordre de la direction de Hamas à Gaza ou à Damas. La branche de Hamas à Hébron – plus une famille criminelle qu’une organisation clandestine – avait un long passé d’actions sans que les leaders les connaissent, parfois contre leurs intérêts ». Correspondant BBC Jon Donnison : « Le policier israélien Mickey Rosenfeld m’a dit que les hommes qui ont tué trois jeunes israéliens sont carrément une cellule isolée, affiliée à Hamas mais n’agissant pas sous sa direction. Paraît contredire la ligne du gouvernement Nétanyahou ».

 

9) Le pouvoir de Hamas, pas le blocus israélien, est à blâmer pour la crise humanitaire dans la bande de Gaza

Câble du Département d’État US : « Les dirigeants israéliens ont confirmé aux responsables de l’ambassade en de multiples occasions qu’ils ont l’intention de garder le fonctionnement de l’économie de Gaza au plus bas niveau possible permettant d’éviter une crise humanitaire. Les dirigeants israéliens ont confirmé, en de multiples occasions, qu’ils ont l’intention de garder l’économie de Gaza à la limite de l’effondrement sans la faire basculer complètement ». The Guardian : « L’armée israélienne a fait des calculs précis sur les besoins caloriques quotidiens nécessaires pour éviter la malnutrition pendant un blocus imposé sur le territoire palestinien entre 2007 et mi 2010, d’après les dossiers rendus publics mercredi après une ordonnance du tribunal. Le groupe de défense israélien Gisha a mené une longue bataille judiciaire pour rendre public le document. Ses membres ont dit qu’Israël a calculé les besoins caloriques de la population de Gaza pour restreindre la quantité de nourriture lui étant permise ».

 

10) Le gouvernement israélien, contrairement à Hamas, veut une solution à deux États

Times of Israel : « [Nétanyahou] a explicité clairement qu’il ne pourrait jamais en aucun cas approuver un État palestinien pleinement souverain en Cisjordanie. Au cœur du conflit actuel, a-t-il développé, “Je pense que le peuple israélien comprend maintenant ce que j’ai toujours dit : il ne peut pas y avoir de situation, sous aucun accord, dans laquelle nous renonçons au contrôle sécuritaire sur le territoire à l’ouest de la rivière Jourdain” ».

 

11) Tous les analystes sérieux sont d’accord que Hamas et non Israël a commencé le conflit actuel

Nathan Thrall, grand analyste Moyen-Orient à International Crisis Group, écrivant dans le New York Times : « L’escalade actuelle à Gaza est le résultat direct du choix par Israël et par l’Occident de faire obstacle à la réalisation de l’accord de réconciliation palestinien d’avril 2014 ». Henry Siegman, ancien directeur national à l’American Jewish Congress, écrivant pour Politico : « L’assaut israélien sur Gaza n’a pas été déclenché par les roquettes de Hamas dirigées sur Israël mais par la détermination d’Israël d’abattre le gouvernement palestinien d’unité formé début juin, même alors que ce gouvernement s’était engagé à honorer toutes les conditions imposées par la communauté internationale pour la reconnaissance de sa légitimité ».

 

Mehdi Hasan est directeur politique au Huffington Post UK.

 

Rappel pour la grande manifestation en faveur de la Palestine : c’est à 15 h samedi à Denfert-Rochereau

denfert-rochereau

 

Plus d’informations ici.

 

Un texte très critique sur la situation à Gaza signé Sylvain Thévoz

 

 

« Gaza : cette guerre n’est pas une guerre défensive »
Par Sylvain Thévoz, le 31 juillet 2014

Article extrait de Topo Thévoz, un blog hébergé
en Suisse par La Tribune de Genève

 

Plus les jours passent, plus le masque tombe. Il n’y a pas d’opération « protective edge » (bouclier protecteur) mené par l’État d’Israël à Gaza. Il n’y a pas de guerre défensive. Il y a maintenant 1 364 morts à Gaza, plus de 7 000 blessés, 400 000 déplacés, 75 km2 de territoires conquis sur le terrain par Israël. Les victimes sont les femmes, les enfants, les civils. Ce sont désormais des dizaines et des dizaines de civils qui s’entassent dans des « appartements » sans eau, sans électricité, dans des conditions de salubrité effroyable et sous la menace quotidienne des bombes. L’unique central électrique de Gaza a sauté, les habitant-e-s obtiennent deux heures d’électricité par jour. Peut-on imaginer cela sans prendre position ? Sur les bords de la Méditerranée, 130 km plus au nord, les plages touristiques de Tel Aviv sont, elles, toujours aussi bien vendues auprès des touristes occidentaux par les chambres de commerce israéliennes. Tel Aviv, ville de fête et d’insouciance ! « Tel-Aviv, la fête à tout prix. On a beau nous parler à longueur de journaux télévisés du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville joyeuse, bouillonnante, décontractée, où l’insouciance est érigée en résistance ».(1) Alors quoi : les familles courent sous les roquettes et l’angoisse domine en Israël, ou la vie se poursuit presque à l’identique, sur les plages et au soleil pendant qu’à Gaza les humains meurent à la pelle ?

 

Une entreprise méthodique et planifiée de destruction

À Gaza, des personnes ont perdu 3, 7, 11 membres de leur famille ! Plus de 200 enfants ont été tué. C’est une génération d’orphelins, de veufs de familles brisées que l’État d’Israël, par sa stratégie jusqu’au-boutiste, est en train de fabriquer. C’est un coup radical qu’Israël porte à la paix. Mohammed Abbas, le modéré, est volontairement isolé par Israël. Non, il est impossible de se taire et de ne pas dénoncer la stratégie qui vise à pousser la colonisation toujours plus avant, en jouant la partition du pire, tenant et agitant la barbichette des extrémistes. À Gaza, les hôpitaux fonctionnent 24/24 et manquent de matériel de rechange, les stocks sont épuisés, 3 hôpitaux ont dû fermer. Des écoles, des hôpitaux sont bombardés. Chaque jour apporte son lot de crimes et de sang ; de nouveaux massacres commis par l’armée israélienne en violation des droits fondamentaux du peuple palestinien. Ce n’est plus, depuis de nombreux jours, de légitime défense qu’il s’agit.

La seule stratégie qui pourra assurer la paix est connue : reconnaissance de l’État Palestinien avec Jérusalem-Est est comme capitale, sur les frontières de 1967, avec un retour négocié des réfugiés de 1948. Les personnes de bonne volonté, prêt à faire des concessions côté Palestinien existent. Même le Hamas a affirmé à plusieurs reprises être prêt à négocier pour autant qu’Israël arrête les bombardements.(2) Alors quoi ? Pourquoi cette boucherie se poursuit-elle ?

 

Rester neutres ?

Devant cette barbarie, rester neutre, c’est choisir d’être complice, tacitement, silencieusement. Certains, à Genève, voudraient que soit brandi le drapeau israélien dans des manifestations, en signe d’équité. La belle affaire. Pour les personnes qui se tiennent en solidarité avec le peuple palestinien (civils, femmes et enfants), et pour ceux qui croient dans l’avenir d’une coexistence pacifique possible, il y a quelque chose d’extrêmement choquant de réclamer la présence de ce drapeau dans des manifestations en solidarité avec le peuple palestinien ou d’appel à la « neutralité ».

Aujourd’hui, le drapeau israélien ne peut être brandi comme un drapeau de paix. Il baigne dans le sang. Aujourd’hui la stratégie de fuite en avant de l’État d’Israël va à l’encontre des intérêts de sa population et des vies environnantes. En tant qu’État dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse a une responsabilité particulière pour l’application du droit international humanitaire ; en tant qu’êtres humains, nous ne pouvons rester silencieux ou croire la propagande d’une guerre défensive de l’État d’Israël à Gaza.

 

Manifestation de soutien avec le peuple palestinien
Samedi 2 août 2014 à 15 h à Berne, Place Fédérale.

 

 

L’incendie du Reichstag recommencé ou comment “l’enlèvement des trois jeunes Israéliens” s’avère être une manipulation de l’État hébreux !

1er-juillet« Le Hamas est responsable, le Hamas paiera. »

 

 

C’est un reportage assez court mais qui fait l’effet d’une bombe… Christian Sievers qui couvre pour la chaîne télévisée allemande ZDF le conflit israélo-palestinien a présenté le 16 juillet dernier les conclusions de son enquête qui montre que l’enlèvement des trois adolescents le 12 juin est en réalité un assassinat, un violent règlement de compte entre Israéliens. L’affaire a été habillement maquillé par le service de sécurité intérieure, le Shin Bet, puis instrumentalisé auprès de l’opinion internationale par Netanyahou afin de lancer des représailles contre le Hamas.

 

On connaît la suite : des centaines d’arrestations de membres des organisations palestiniennes en Cisjordanie qui répondent par une intensification des tirs de roquette ; l’enlèvement et l’assassinat à Jérusalem-Est de Mohammad Abou Khdeir 16 ans par des extrémistes juifs ; le lancement de l’opération « Bordure protectrice » par Israël à partir du 8 juillet.

 
Voici les liens avec le reportage original en allemand (« aulandsjournal », ZDF), la vidéo avec des sous-titres français et sa transcription.
 

Photo du haut (cliquez dessus pour l’agrandir) : le Premier ministre Benyamin Netanyahu dans la colonie de Modi’in pour les funérailles de Gil-Ad Shaer, Naftali Fraenkel et Eyal Yifrah, le 1er juillet 2014 (Baz Ratner).

Un grand merci à Soumia.

 

Le dirigeant du Hamas Khaled Mechaal s’exprime sur Israël

Khaled Meshaal

 

« Si Israël reconnait nos droits et s’engage à se retirer de tous les territoires occupés, le Hamas, et avec lui l’ensemble du peuple palestinien, décideront de mettre un terme à la résistance armée. »

 

« Le problème, ce n’est pas l’existence d’une entité qui s’appelle Israël, le problème, c’est que l’État palestinien n’existe pas. »

 

Khaled Mechaal.

 

 

La photo (cliquez dessus pour l’agrandir) ainsi que les citations viennent de Wikipédia.

 

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