« À chaque couche de réalité, un dieu est assigné, et celui-ci n’y comprend rien.

« Nous vivons dans un monde régi par un faux dieu : fou, stupide et cruel. Et nos vies sont des vallées de larmes ponctuées d’éclats de rire. Cela, nous le savons déjà. Ce que nous savons moins, c’est que, une fois traversées les frontières qui nous séparent du monde suivant, les mêmes problèmes se reproduiront : en plus grand, plus clair, plus dur. Nous devons toujours faire alliance avec le dieu éloigné contre le dieu proche parce qu’il le déteste ; mais, ce que contient la manifestation suivante, nous ne le savons pas. Extases, rêves et images nous informent sur l’espace qui sépare les mondes. C’est pourquoi les grands imagiers sont nos chamanes. Ils rafraîchissent nos regards et informent nos âmes de l’apparence nouvelle d’un espace immémorial. Cet espace, c’est le “monde des formes en suspens” dont parle Sorhawardî ; un monde de “citadelles en suspens”. Depuis ces citadelles, nous dirigeons notre regard vers l’autre monde ; et, depuis l’autre monde, un regard se dirige vers nous. »

Pacôme Thiellement

 

 
De haut en bas : Topor, Killoffer, Menu, Gébé.

« Citadelles en suspens » une proposition de Pacôme Thiellement du 12 janvier au 23 février 2013 à la galerie Anne Barrault, 22, rue Saint-Claude, Paris IIIe.

Scott Batty, Captain Cavern, Olivia Clavel, Gébé, Killoffer, Jean-ChristopheMenu, Roland Topor.

 

La présentation de l’exposition est ici.