Jacob Cohen : Lettre ouverte au Président de la République dite “française”

 
 

Vous serez peut-être surpris, Monsieur François Hollande, ou plutôt ferez semblant de l’être, par cette appellation entre guillemets. Car selon les textes fondateurs, vous êtes censé défendre les intérêts de la République et les principes de droit qui en assurent le fonctionnement.

Or tout indique, depuis votre entrée en fonction, une allégeance aveugle et inconditionnelle à un pays étranger qui viole depuis une soixantaine d’années les principes de droit international les plus fondamentaux.

Il faut dire que vous êtes l’héritier d’un parti politique dit « socialiste », qui a participé à une campagne militaire de type colonial en 1956 contre l’Égypte aux côtés d’Israël, et qui a fourni à ce dernier pays l’arme nucléaire qui pourrait se retourner un jour contre l’Europe.

Certes, il vous arrive de dire un peu de mal de la colonisation, de l’occupation, des annexions et autres exactions des sionistes. De même lorsque vous recevez le Harki en chef de l’Autorité palestinienne pour l’encourager à négocier sans fin avec les maîtres sionistes.

Mais ce sont juste des paroles en l’air, dites avec l’aval de votre suzerain sioniste, pour illusionner les naïfs. Sinon, dernier exemple en date, pourquoi les sanctions prises contre la Russie pour l’annexion de la Crimée, consécutive tout de même à un référendum réussi, ne sont pas envisagées pour l’annexion de Jérusalem et du Golan, effective depuis 45 ans ?

Votre complicité criminelle avec l’État sioniste se double d’une allégeance inconditionnelle envers ses représentants en France. Au point de transformer les Institutions de la République, comme la Justice et la Police, en auxiliaires du CRIF et autres agences judéo-sionistes. Le Conseil d’État est mis à contribution pour faire interdire les spectacles ou les manifestations qui pourraient déplaire aux Maîtres occultes de la France, vos Maîtres. Pour une insulte « antisémite », les moyens de la République sont mobilisés pour arrêter et condamner le coupable.

Je me permets de vous rappeler que j’ai été agressé par la ligue de défense juive le 12 mars 2012, agression filmée, revendiquée et publiée par la LDJ, et que votre « justice », enfin celle qui reçoit ses ordres du CRIF, vient de « classer l’affaire sans suite ».

Pour cela, M. Hollande, je vous accuse de FORFAITURE, et j’accuse votre « justice » d’être la « bonne à tout faire du CRIF ». J’espère que vous ne laisserez pas ces graves accusations sans suite. Les Français patriotes ne comprendraient pas que le Premier Magistrat ne défende pas son intégrité morale ni l’honneur et la dignité de notre principale Institution.

Monsieur le Président, vous avez poursuivi le travail de sape depuis le départ du Général de Gaulle en réduisant à néant l’indépendance de la France, et vous avez réduit notre pays au rôle de sous-traitant d’un des plus grands pays criminels des dernières décennies. Les massacres inhumains de centaines de civils gazaouis sans défense et sans recours perpétrés avec des moyens militaires sans précédent vous laissent de marbre. Il est vrai que vous avez entonné l’hymne national sioniste avec un premier ministre dont l’arrogance n’a d’égale que sa volonté d’écraser le Proche-Orient sous sa botte. On se rappellera de vous et de votre place dans l’Histoire comme le complices des crimes de guerre sionistes, ou pour reprendre une célèbre formule, comme le « Petit Télégraphiste de Netanyahou ».

Les conventions épistolaires m’obligeant de conclure avec des salutations, je vous adresse les miennes, AVEC MON PLUS PROFOND MÉPRIS.

 

Jacob Cohen, citoyen franco-marocain, écrivain antisioniste.
Paris le 20 juillet 2014.

 

“Lettre ouverte à François Hollande” par Jean-Jacques Candelier, député à l’Assemblée nationale

 
 

Monsieur le Président,

Vous avez appris avec « une immense émotion » qu’un avion de ligne s’était écrasé en Ukraine, avez immédiatement demandé que tout soit mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cette tragédie et avez exprimé votre solidarité aux proches.

Savez-vous qu’en ce moment même des Palestiniens sont assassinés par une armée d’occupation, l’armée israélienne ?

Je m’étonne que vous n’ayez jamais eu le moindre mot pour ces victimes. On déplore le meurtre de plus de 300 Palestiniens à ce jour, dont une majorité de civils et beaucoup d’enfants. Le bilan ne cesse d’augmenter mais ce sont encore plus de 2 200 blessés, près de 2 000 maisons détruites, dont celle du Consul de France, plus de 40 000 personnes déplacées. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, 900 000 personnes, c’est-à-dire la moitié de la population de Gaza est sans eau.

Le gouvernement israélien s’est lancé dans une nouvelle escalade meurtrière en décidant l’intervention terrestre à Gaza.

La politique d’Israël est claire : isoler toujours plus la bande de Gaza, contrecarrer toute possibilité d’union palestinienne et détourner l’attention de son offensive coloniale sur la Cisjordanie. Israël multiplie les crimes et les dénis de droit afin de maintenir l’apartheid imposé à la Palestine. Toute négociation est devenue vaine pour l’arrêter, il faut des actes forts, concrets et coercitifs.

Les justifications des autorités israéliennes qui présentent leurs exactions comme des représailles sont irrecevables. D’abord parce qu’elles frappent des civils qui sont maintenus sous un blocus inhumain depuis plus de six ans et, qu’à ce titre, elles constituent des crimes de guerre. Enfin parce qu’aucune autorité en place à Gaza ne sera jamais en mesure d’empêcher des actions violentes contre le siège de Gaza qui prend en otage une population de plus de 1,6 million d’habitants, la coupant délibérément de ses liens avec la Cisjordanie. La résistance à l’occupant est un droit et même un devoir, et non du terrorisme. Notre pays aussi a connu l’Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale.

En déclarant qu’il appartient « au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces », vous incitez à la guerre et jouez la carte de l’affrontement, vous cautionnez les pires exactions, les plus abominables crimes. C’est grave et complètement irresponsable.

En exprimant « la solidarité de la France » avec Israël sous le prétexte de tirs de roquettes en provenance de Gaza, sans prononcer le moindre mot sur les bombardements, les assassinats, les rafles, les emprisonnements de masse et les ratonnades en Palestine occupée, vous entendez impliquer notre pays dans une opération criminelle contre un peuple en lutte pour sa survie, le peuple palestinien. Cela ne peut qu’attiser les haines aveugles d’extrémistes, y compris en France.

Vous invoquez des « risques pour l’ordre public » pour justifier l’interdiction, par la préfecture de police, d’une manifestation en faveur de la paix juste et durable aujourd’hui à Paris. Il s’agit d’une nouvelle provocation, d’une entrave manifeste à une liberté constitutionnelle, celle de manifester, qui ne peut être justifiée par les débordements de la semaine dernière devant des synagogues de quelques fous furieux qu’il conviendrait d’ailleurs d’identifier et d’appréhender. J’en profite pour réclamer la dissolution administrative de la Ligue de Défense Juive, organisation criminelle, classée organisation terroriste par le FBI, et interdite d’activité en Israël comme aux États-Unis. L’impunité de ces barbares dont le seul but est de créer un amalgame entre judaïsme et sionisme est inacceptable.

Le conflit israélo-palestinien n’est pas un conflit religieux, il est un conflit de droit international. Le viol du droit international par Israël ne concerne pas uniquement les Palestiniens. Il ne concerne pas uniquement les militants de la cause palestinienne de part le monde et en France. Ce déni de droit et de justice concerne tous les Français, quelles que soient leurs opinions politiques, quelles que soient leurs éventuelles croyances. Car quand Israël viole le droit international, il viole aussi notre souveraineté nationale dans la mesure où ce droit international est supérieur même à notre droit national. C’est le sens des mobilisations pacifiques des Françaises et Français pour la paix, juste et durable, fondée sur l’application du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Exiger la reconnaissance du droit du peuple palestinien à un État souverain aux frontières aussi sûres et reconnues que celles de l’État d’Israël, ce n’est pas importer un conflit présenté habillement comme « bilatéral », c’est inscrire la politique française dans les principes qu’elle prétend défendre, qu’elle devrait normalement défendre, ce qui n’est pas le cas.

Votre responsabilité est écrasante, honteuse pour tout le peuple français.

Avec le soutien des pays européens, Israël a par exemple été élu à la Vice-Présidence de la commission de l’ONU en charge de la décolonisation. C’est un comble ! Comment la France a-t-elle pu donner son accord à une telle décision ?

Comment est-il possible que les autorités françaises acceptent que des citoyens français intègrent une armée étrangère d’occupation (l’armée israélienne), violant ainsi les lois internationales ?

Comment pouvez-vous accepter un mur de près de 700 kilomètres, une construction condamnée par les instances internationales ? Comment pouvez-vous accepter l’apartheid instauré en Cisjordanie occupée, l’intensification de la colonisation ?

La France devrait non pas aller à la « retenue » et à la « mesure », elle devrait non pas chercher à flatter telle ou telle communauté, mais condamner de la manière la plus ferme les actes d’Israël, sur la base du droit.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit se réunir d’urgence pour condamner les exactions d’Israël et mettre en œuvre les moyens nécessaires à la protection et la sécurité des populations. Quand mobiliserez-vous la communauté internationale face à la colonisation, aux bombardements et à l’envahissement de la Palestine ?

L’absence de sanctions à son égard est un encouragement à la poursuite de sa politique de colonisation, d’agression permanente contre le peuple palestinien. À quel moment comptez-vous prendre des sanctions contre Israël, en stoppant, notamment, l’accord d’association Union européenne et Israël ?

La France, en tant que Haute Partie contractante à la quatrième Convention de Genève a l’obligation de respecter et de faire respecter la Convention en toutes circonstances (article 1) et de prendre toutes les mesures nécessaires pour poursuivre les personnes ayant commis, ou donné l’ordre de commettre des infractions graves à la quatrième Convention de Genève (article 146). Quand ferez-vous appliquer la quatrième Convention de Genève ?

La France doit agir pour qu’Israël mette fin au blocus criminel qu’il impose à la population de Gaza dont les conditions de vie ne cessent de se dégrader et accéder à l’ensemble des revendications palestiniennes : ouverture de Rafah par l’Égypte, accès libre de Gaza à la mer et libération des prisonniers libérés dans le cadre d’un accord et à nouveau incarcérés. Que comptez-vous faire ?

Le peuple palestinien n’en peut plus de l’hypocrisie. Aucune paix ne naîtra sans la constitution d’un État israélien et d’un État palestinien dans des frontières sûres et reconnues, celles de 1967, avec pour capitale Jérusalem-Est. Quand mettrez-vous en œuvre votre engagement électoral de reconnaissance internationale de l’État palestinien ?

L’année 2014 a été déclarée « année internationale de la Palestine » par l’Assemblée générale de l’ONU. Étiez-vous seulement au courant ? Quand la diplomatie de notre pays sera-t-elle à la hauteur de la situation ?

Dans l’attente de vous lire et que vous agissiez enfin,

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.

Jean-Jacques CANDELIER, député.
19 juillet 2014.

 

“Offensive israélienne contre Gaza : les partis pris du traitement médiatique” par Julien Salingue (Acrimed)

 

 

Depuis le 8 juillet 2014, une offensive militaire israélienne est en cours contre la bande de Gaza. Au moment où nous écrivons, plus de 240 Palestiniens sont morts sous les bombes israéliennes, tandis qu’un Israélien a été tué par un tir de roquette. Ces événements donnent lieu à une large couverture médiatique, et nous ne prétendons pas fournir ici un article traitant de manière exhaustive de cette couverture. Dans la presse écrite comme à la radio et à la télévision, certains journalistes font au mieux leur travail et produisent, comme nous le rappellerons parfois, exemples à l’appui, une information de qualité.

Force est toutefois de constater que le traitement médiatique dominant de cette nouvelle séquence du conflit opposant Israël aux Palestiniens demeure prisonnier de bien des travers que nous avons déjà eu l’occasion d’identifier. Il existe ainsi un « bruit médiatique » largement critiquable, qui ne résume pas l’ensemble du travail journalistique mais qui malheureusement l’étouffe ou le fait quasiment disparaître. C’est à ce bruit médiatique et à la tonalité générale qu’il donne à la couverture des événements que nous nous intéresserons ici, en nous concentrant notamment sur les titres de presse écrite et leurs sites internet, tout en allant également parfois chercher des exemples du côté des télévisions.

Nous l’avions déjà souligné dans un précédent article traitant de l’information concernant le Proche-Orient : l’un des principaux biais du traitement médiatique du conflit opposant Israël aux Palestiniens est l’injonction permanente à un traitement « équilibré ». Or cette recherche d’un improbable « équilibre » entre Israël et les Palestiniens, quelles que soient les intentions des uns ou des autres, conduit nécessairement à la production d’une information biaisée, incomplète, dépolitisée et, volontairement ou non, orientée.

 

Lire la suite sur le site d’Acrimed.

 

Un entretien de Pascal Boniface sur la perception qu’ont les Français du conflit israélo-palestinien

 
 

Pascal Boniface : « Critiquer la politique d’Israël, ce n’est pas être antisémite »

Le Figaro en date du 18 juillet 2014, entretien d’Alexandre Devecchio.

 

Alors que la préfecture de police de Paris a interdit une manifestation pro-palestienne prévue ce samedi, Pascal Boniface a accordé un grand entretien à FigaroVox.

Pascal Boniface est directeur de l’IRIS, auteur de Géopolitique du sport. Son dernier livre, La France malade du conflit israélo-palestinien, vient de paraître.

 

Après les incidents violents qui ont émaillé les manifestations pro-israélienne dimanche 13 juillet, la préfecture de police a engagé une procédure informelle pour interdire une manifestation de soutien à Gaza prévue samedi. La société française devient-elle la victime collatérale du conflit du Proche-Orient ?

Pascal BONIFACE : La société française ne devient pas la victime collatérale du conflit du Proche-Orient, elle l’est depuis longtemps. La reprise des violences entre Israéliens et Palestiniens a provoqué une poussée de fièvre en France, mais que la France soit malade du conflit israélo-palestinien, n’est hélas pas une nouveauté. Aucun conflit extérieur ne suscite de telles passions, de mises en cause si importantes des individus qui prennent des positions qui déplaisent. Des amis de longue date, qui ne partageant pas le même point de vue sur le conflit et ses conséquences en France, peuvent se brouiller. On ne voit ça pour aucun autre conflit.

Quel est votre point de vue sur l’interdiction des manifestations ? Celle-ci ne risque-t-elle pas d’être contre-productive ?

Si le but est de ne pas opposer les communautés, interdire les manifestations produit l’effet inverse. Ceux qui veulent manifester peuvent avoir le sentiment que le gouvernement répond aux désirs des institutions communautaires juives. Par ailleurs, il y a une atteinte au droit de manifester. Où placer les limites ? Faudra-t-il par la suite interdire les nombreuses et variées manifestations de soutien à Israël ? Faudra-t-il interdire les articles critiques sur l’action du gouvernement israélien parce qu’ils seraient censés contribuer à alimenter l’antisémitisme ? Le risque est de radicaliser une partie de ceux qui se sentent solidaires des Palestiniens.

Selon vous, la confusion entre antisémitisme, antisionisme et critique du gouvernement israélien contribue à l’importation de ce conflit en France. Quelle différence faites-vous entre ces différentes notions ?

Cette confusion est entretenue par les institutions communautaires et certains intellectuels juifs. L’antisémitisme c’est la haine des juifs, l’antisionisme c’est l’opposition à l’existence de l’État d’Israël. Mais cela n’a rien à voir avec la critique de l’action du gouvernement israélien ou alors des O.N.G. israéliennes, des personnalités comme Abraham Burg, des journalistes comme Gideon Lévy sont antisémites. Lorsque l’on critique la politique de Poutine on n’est pas accusé de faire du racisme anti-russes. Brandir l’accusation infamante d’antisémitisme dès que l’on émet une critique à l’égard du gouvernement israélien a pour fonction de protéger ce dernier. L’immense majorité de ceux qui se déclarent solidaires des Palestiniens combattent l’antisémitisme et toutes les formes de racisme, et se prononcent pour la solution des deux États, donc en faveur de l’existence d’Israël.

Vous-même en taxant le HCI d’islamophobie pour ses prises de positions, notamment contre le port du foulard islamique à l’université, n’opérez-vous pas une confusion dangereuse entre critique légitime du communautarisme et racisme antimusulman ?

Lorsque l’été dernier le HCI a proposé d’interdire le port du foulard dans les universités, j’ai en effet estimé qu’il préconisait une mesure visant exclusivement les musulmans (on ne parlait pas des signes religieux en général) qui pouvait rallumer une guerre au moment où une majorité s’accordait pour dire qu’il fallait en rester à la loi de 2004 qui ne concerne pas l’enseignement supérieur.

Selon vous, de nombreux Français non-juifs, en particuliers les musulmans, ont le sentiment qu’il y a un « deux poids, deux mesures » dans la lutte contre le racisme et que les actes antisémites font l’objet d’un traitement médiatique plus conséquent que les autres actes racistes. Le risque de votre démarche n’est-il pas de verser dans la concurrence victimaire et de nourrir le ressentiment d’une certaine jeunesse de banlieue à l’égard des Juifs et de la France plus généralement ?

Réclamer la fin du « deux poids, deux mesures » dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme anti-musulmans, qu’il s’agisse des médias ou des responsables politiques ne revient pas à nourrir le ressentiment d’une certaine jeunesse de banlieue, mais au contraire à le combattre. Dénoncer une injustice ou une inégalité de traitement est justement la meilleure façon de combattre la concurrence victimaire. Si chacun est placé sur un pied d’égalité, si tous les enfants de la République sont traités de la même façon il n’y a plus de concurrence victimaire et moins d’espace politique pour le ressentiment.

Avez-vous des exemples précis de « deux poids, deux mesures »…

De nombreuses agressions ont eu lieu contre des femmes voilées, qui n’ont pas suscité la mobilisation qui aurait eu lieu si des hommes portant la kippa avaient été agressés. Il est vrai que présenter, comme le font certains journalistes, le port du voile comme faisant partie d’un complot pour mettre à genoux la République, a contribué à créer un climat malsain…

Quelques lignes dans Libération du 22 Février 2011, on apprend que la voiture et la moto de Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste de l’islam, ont été vandalisées. On pouvait lire sur l’un des véhicules « non aux minarets ». Un texte était également glissé : « Pour que Colombey les deux églises ne devienne pas Colombey les deux mosquées. Viendra le moment où les islamo-collabos devront rendre des comptes. » Imaginons que la même mésaventure soit arrivée à BHL ou Finkielkraut, cela aurait fait la Une de tous les journaux et toute la classe politique aurait manifesté sa solidarité.

Selon vous, il faut évoquer tous les racismes. Quel est votre point de vue sur le racisme anti-blanc ?

Il peut y avoir des arabes ou des noirs qui soient racistes à l’égard de ceux qui sont différents d’eux. Il peut donc y avoir des blancs victimes de racisme. Mais il n’y a pas un racisme anti-blanc puissant, structuré, s’appuyant sur de nombreux textes, se développant sur les réseaux sociaux, relayé par la presse, soutenu par des déclarations d’hommes politiques, etc. Les blancs en France ne font pas l’objet de discriminations.

Vous avez eu beaucoup de difficultés pour faire éditer votre livre. Certains sujets restent-ils tabous en France ? Pourquoi ?

Le conflit israélo-palestinien déclenchant les passions, beaucoup de gens veulent se tenir à l’abri à partir du moment où la critiques politiques du gouvernement israélien est très rapidement assimilée à de l’antisémitisme. Beaucoup de gens ne veulent pas prendre le risque d’être étiquetés de façon si infamante.

La presse française est pourtant loin d’être complaisante à l’égard du gouvernement israelien…

Je ne connais pas d’autres sujets qui paraissent aussi risqués pour les responsables politiques et les médias. Je ne connais pas de cas où des responsables politiques, des journalistes, des universitaires, qui se seraient signalés par un engagement profond, voire inconditionnel, à l’égard d’Israël, en aurait subi des sanctions personnelles ou professionnelles. Nombreux sont ceux qui ont payé un prix fort pour avoir osé critiquer le gouvernement israélien. Il est d’ailleurs assez paradoxal qu’en France, il soit moins risqué pour quiconque de critiquer les autorités nationales que celle d’un pays étranger, en l’occurrence Israël. Je connais beaucoup de personnes qui disent être entièrement d’accord avec mes analyses mais ne veulent pas le déclarer publiquement de peur de représailles. Je pense qu’à terme cette stratégie est très dangereuse même si elle peut s’avérer favorable à court terme à la protection du gouvernement israélien.

 

Comment la Palestine est devenue Israël : “Palestine, Histoire d’une terre” de Simone Bitton (1992)

 

Palestine, Histoire d’une terre, 1ère partie (1880-1950)

 

 

De la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, l’histoire d’une terre, la Palestine, une terre où s’est établie, en 1948, l’État d’Israël, une terre revendiquée par Israéliens et Palestiniens, une terre devenue un enjeu pour la paix du monde. Un récit historique unique, à partir d’archives rares, pour comprendre si une négociation, un partage sont possibles aujourd’hui.

Sporadique dans les premiers temps, l’immigration juive en Palestine s’organisa dés 1897. À cette époque, une large majorité de musulmans cohabitait avec un faible pourcentage de chrétiens et de juifs. Le sionisme d’abord, des persécutions ensuite conduisirent un nombre croissant de juifs à s’installer en Palestine, au sein d’un foyer national, crée par les Britanniques après la Première Guerre mondiale, puis dans le cadre de l’État hébreu, institué par l’ONU en 1947. Les nations arabes n’acceptèrent pas la décision de l’ONU et refusèrent la coexistence pacifique. Des guerres sporadiques, brèves et violentes, permirent à Israël de résister à ceux qui voulaient sa destruction sans jamais régler le problème des Palestiniens, parqués ici, massacrés ailleurs.

 

Le site de Simone Bitton.
 

Manifestation le mercredi 23 juillet à 18 h 30 de Denfert-Rochereau à Invalides à l’appel du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens

2-juin-2006

 

Publié le 22 juillet 2014 par Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens

Le bombardement intensif de Gaza depuis 13 jours, avec plus de 3 000 raids aériens, a causé la mort de plus de 350 Palestiniens, blessé plus de 2 500 autres et détruit des centaines d’habitations. Le bilan s’alourdit à chaque heure avec le début de l’offensive terrestre qui a commencé jeudi 17 juillet. Même le domicile du Chef de l’antenne consulaire française à Gaza a été bombardé.

 

Une nouvelle fois le pouvoir israélien déclenche un déluge de feu sur Gaza, au prétexte de tirs de roquettes, mais avec pour objectif avoué de mettre fin au gouvernement palestinien d’entente nationale, condition pourtant nécessaire à tout progrès vers une paix juste. Devant cette situation dramatique, les gouvernements occidentaux se cantonnent une nouvelle fois à « dénoncer l’engrenage de la violence » sans désigner le responsable de cette nouvelle tragédie, et appelant seulement le gouvernement israélien à la « retenue ». Le président François Hollande est même allé jusqu’à cautionner l’agression d’Israël contre la population de Gaza en déclarant, lors de son entretien téléphonique avec Benjamin Netanyahou le 9 juillet dernier, qu’il appartenait au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger la population face aux menaces. »

L’Union européenne disposerait d’un moyen simple : la suspension de l’accord d’association avec Israël qui accorde des avantages économiques à ce pays. Cet accord est conditionné par le respect des droits humains, ce qui n’est pas le cas avec la colonisation et l’existence du mur qui sont illégaux selon le droit international.

Pour dénoncer cette passivité coupable de nos gouvernants, et obtenir des actions concrètes de la France auprès du pouvoir israélien et du Conseil de sécurité, le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens* appelle tous les militants à manifester

 

mercredi 23 juillet à 18 h 30 de Denfert-Rochereau à Invalides

 

Pour l’arrêt immédiat des bombardements sur Gaza

 

Pour l’arrêt de l’agression israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem

 

Pour la levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza

 

Pour des sanctions immédiates contre Israël jusqu’au respect du droit international

 

Pour le soutien au peuple palestinien et au gouvernement d’entente nationale

 

La cause palestinienne n’a rien à voir avec l’extrême droite et n’accepte aucun soutien de leur part

 

* Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA), Alliance for Freedom and Dignity (AFD), Alternative Libertaire (AL), Américains contre la guerre (AAW), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association Nationale des Élus Communistes et Républicains (ANECR), Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC), Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF), Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC), Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP), Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP), Cedetim/IPAM, Collectif des Musulmans de France (CMF), Collectif Faty Koumba, Collectif Interuniversitaire pour la Coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP), Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP), Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPRPO), Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5), Confédération Générale du Travail (CGT), Confédération paysanne, Droit-Solidarité, Ensemble, Europe Écologie les Verts (EELV),  Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Gauche Unitaire (GU), Génération Palestine, La Courneuve-Palestine, le Mouvement de la Paix, les Alternatifs, les Femmes en noir, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF), Mouvement Politique d’Émancipation populaire (MPEP), Organisation de Femmes Égalité, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche (PG), Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM), Une Autre Voix Juive (UAVJ), Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT), Union Générale des Étudiants de Palestine (GUPS-France), Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Union Nationale des Étudiants de France (UNEF), Union syndicale Solidaires.

 

Image : Youth holds-up a big Palestinian flag during a protest against the controversial separation wall in the West Bank village of Bilin west of Ramallah, June 2, 2006 (MaanImages/Fadi Arouri). Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

 

La fresque de Joe Sacco sur la bataille de la Somme à la station Montparnasse

somme-1

 

À la station de métro Montparnasse-Bienvenüe, la fresque de Joe Sacco sur le premier jour de la bataille de la Somme (1er juillet 1916) est reproduite tout le long du tapis roulant, dans un immense format. Allez-y, c’est impressionnant. Il a été question de ce livre ici et .

 

somme-2 somme-3

Le journaliste israélien Gideon Levy appelle au boycott d’Israël

 

 

« Arrêtez de vous prosterner devant Israël ! »

 

Les Américains et les Européens ont essayé la voix de la raison et ils ont échoué. Ils doivent désormais s’adresser à Israël dans le langage qu’il comprend le mieux (et ce n’est pas l’hébreu).

S’il y a une communauté internationale, qu’elle le fasse savoir rapidement. Car pour le moment il est clair qu’il n’y a plus aucune intervention internationale en Israël. Les Américains ont plié bagages, les Européens ont renoncé, les Israéliens s’en réjouissent et les Palestiniens sont désespérés.

De temps à autre, un pape ou un ministère des affaires étrangères vient faire un petit tour (celui de la Norvège était ici la semaine dernière), prononce du bout des lèvres quelques mots, pour la paix, contre le terrorisme et les colonies, puis disparaît comme il était venu. Au bout du chemin le roi a été remplacé par un clown. Ils abandonnent le conflit aux soupirs des Palestiniens et l’occupation aux mains d’Israël, à qui on peut faire confiance pour la faire fructifier d’une main encore plus ferme.

Ce retrait de l’humanité est inacceptable : la communauté internationale n’a pas le droit de laisser les choses en l’état, même si c’est le souhait le plus ardent d’Israël.

La situation actuelle n’est pas acceptable au XXIème siècle. Il y a effectivement de quoi se lasser s’il s’agit de creuser le même sillon et de faire les mêmes propositions dérisoires à un sourd. L’échec américain montre qu’il est le temps d’adopter une autre méthode, jamais tentée à ce jour. Le message, tout comme les moyens de le faire entendre doivent changer. Le message doit concerner les droits civiques et l’on doit recourir aux sanctions pour le faire entendre.

Jusqu’à présent on a utilisé la flagornerie à l’égard d’Israël, lui présentant une carotte après l’autre pour tenter de lui plaire. Cela s’est avéré un échec retentissant. Cela n’a fait qu’inciter Israël à poursuivre sa politique de dépossession. Le message aussi a failli : la solution à deux États est devenue fantomatique. Le monde a essayé de lui redonner vie artificiellement. Les propositions se sont succédé, étrangement similaires, d’une feuille de route à l’autre, du Plan Rogers aux navettes de John Kerry, et chacune a fini en poussière dans un tiroir. Israël a toujours dit non, seuls ses prétextes et conditions présentant des changements : la fin du terrorisme ici, la reconnaissance d’un État juif là.

Et pendant ce temps le nombre de colonies en Cisjordanie a été multiplié par 3 ou 4, tandis que la brutalité de l’occupation augmentait, au point que des soldats se mettent à tirer sur des manifestants par pur ennui.

Le monde ne peut collaborer à ceci. Il est inacceptable, au XXIème siècle, de la part d’un État qui prétend faire partie du monde libre de priver une autre nation de ses droits. Il est impensable, carrément impensable que des millions de Palestiniens continuent à vivre dans ces conditions. Il est impensable qu’un État démocratique puisse continuer à les opprimer de la sorte. Et il est impensable que le monde regarde cela et laisse faire.

La discussion sur les deux États doit maintenant se transformer en une discussion sur les droits. Chers Israéliens vous avez voulu l’occupation et les colonies — eh bien restez enfermés à l’extérieur — restez à Yitzhar, enclavez-vous dans les montagnes et construisez tout votre soul à Itamar. Mais vous avez l’obligation d’accorder tous leurs droits aux Palestiniens, exactement les mêmes droits dont vous jouissez.

Égalité des droits pour tous ; une personne, un vote — tel devrait être le message de la communauté internationale. Et que pourrait répondre à cela Israël ? Qu’il ne peut y avoir égalité des droits parce que les Juifs sont le peuple élu ? Que cela mettrait en danger la sécurité ? Les prétextes seraient vite écartés, et la vérité nue éclaterait au grand jour : sur cette terre, seuls les Juifs ont des droits. Une affirmation qu’il n’est pas question de prendre pour argent comptant.

C’est aussi toute la manière de s’adresser à Israël qui doit être changée. Tant qu’ils n’ont pas à payer le prix de l’occupation et que les citoyens ne sont pas sanctionnés, ils n’ont aucune raison d’y mettre un terme et même de s’en préoccuper. L’occupation est profondément ancrée au sein d’Israël. Personne n’en est à l’écart, et l’écrasante majorité de la population israélienne souhaite continuer à en profiter. C’est pourquoi, seules des sanctions peuvent nous faire prendre conscience de son existence.

Oui, je parle des boycotts et des sanctions qui sont largement préférables aux bains de sang.

C’est la vérité, même si elle est amère. Les États-Unis et l’Europe se sont suffisamment prosternés devant Israël. Et sans aucun résultat, malheureusement. Dorénavant le monde doit adopter un autre langage, qui sera peut-être compris. Après tout, Israël a prouvé plus d’une fois que le langage de la force et des sanctions est son langage préféré.

 
Gideon Levy

Article publié par le quotidien israélien Haaretz le 31 mai 2014. Traduction par CAPJPO-EuroPalestine.

 
La traduction vient du site de l’Union juive française pour la paix (UJFP).
 

Jean-Claude Claeys expose tout l’été à L’Isle-sur-la-Sorgue

expo-1

 

Si vous vous trouvez dans le Vaucluse cet été, courez voir cette sélection de dessins originaux de Jean-Claude Claeys ainsi que les couvertures des livres pour lesquels ils ont été utilisés. Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

À la Fabrique Notre-Dame à L’Isle-sur-le-Sorgue jusqu’au 14 septembre.
Du mardi au dimanche, de 10 h-13 h à 15 h-19 h.
31, Cours Fernande Peyre dit « Cours de la Pyramide ».
Tél. : 06 07 27 29 77.

 

expo-2 expo-3 expo-4 expo-5 expo-6

Un bon anniversaire à Ringo Starr !

Ringo-s
 
L’image vient de Heritage Auctions.

 

“Jodorowsky’s Dune” de Frank Pavich (2013)

Jodo-1
 

J’ai enfin vu le documentaire de Pavich sur l’adaptation cinématographique de Dune (roman de Frank Herbert publié en 1965) par Alejandro Jodorowsky ; ça fait quand même deux ans que j’en parle dans ces colonnes ! C’est une belle réussite et je ne comprends pas pourquoi, alors qu’il est projeté partout dans le monde, qu’il s’agit d’une coproduction française (Michel Seydoux/Caméra One), le film ne bénéficie toujours pas d’une sortie sur notre territoire – on parle d’un blocage de la copie par la veuve de Moebius, mais cela ne tient pas (ici et ). Et puisque le dvd n’est pas non plus disponible à la vente en France, alors qu’il l’est ailleurs, il reste la solution du téléchargement en anglais.

 
Jodo-2 Jodo-3 Jodo-4 Jodo-5 Jodo-6 Jodo-7 Jodo-8 Jodo-9 Jodo-10 Jodo-11 Jodo-12 Jodo-13 Jodo-14
 

De haut en bas : une des affiches du film ; le fameux storyboard dessiné par Moebius ; Alejandro Jodorowsky sur le tournage ; Michel Seydoux et Jodorowsky sur le tournage ; Jodorowsky au milieu des années soixante-dix ; David Carradine (qui devait interprêter le rôle du Duc Leto) avec Jodorowsky ; H. G. Giger devant quelques unes des peintures qu’il a réalisé pour le film ; trois d’entre elles ; quatre peintures de Chris Foss pour le film. Cliquez sur les images pour les agrandir.

Les images viennent de Métropole Films, de Drawning Room et de Le Public système cinéma. Je vous conseille de vous rendre sur le site Dune Info, il est le plus complet sur le récit de cette aventure. Le film de Pavish a un site officiel. J’ai évoqué ce film sur le blog à deux reprises.

 

Dr. Seuss : “The Cat in the Hat” (1957)

Dr-Seuss-1

 

Le livre pour enfants et monument de la culture populaire américaine The Cat in the Hat (Le Chat chapeauté en français), publié conjointement aux États-Unis par Houghton Mifflin à Boston et Random House à New York en 1957, est disponible en fichier Pdf à cette adresse en anglais. Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

Dr-Seuss-2

Top